Intervenons-nous

Des acteurs sociopolitiques et défenseurs des droits humains dénoncent ce qu’ils qualifient d’ «enlèvement » d’Aubin Minaku, vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), survenu dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier 2025 à Kinshasa. Cet acte est perçu par plusieurs observateurs comme une nouvelle atteinte à la liberté d’opposition en République démocratique du Congo.

Selon des informations concordantes, l’ancien président de l’Assemblée nationale (2012-2019) aurait été interpellé à son domicile par des éléments des forces spéciales, dans une opération menée sous haute surveillance. À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités congolaises sur les motifs de cette arrestation ni sur le lieu de sa détention.

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Les réactions n’ont pas tardé au sein de la société civile. Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des Droits de l’Homme (ASADHO), estime que cette arrestation illustre une volonté manifeste du régime du président Félix-Antoine Tshisekedi de démanteler l’opposition politique.

« Une telle démarche est antidémocratique. Nous condamnons cette dérive totalitaire et exigeons la libération de M. Aubin Minaku », a-t-il écrit sur son compte X, avant de s’interroger : « Combien de Congolais le régime Tshisekedi entend-il jeter en prison pour se sentir en sécurité ? Après Monsieur Minaku, à qui le tour ? »

Du côté du PPRD, le secrétaire permanent Ferdinand Kambere dénonce ce qu’il qualifie de « stratégie de la terreur » adoptée par le pouvoir en place. Il s’interroge sur l’état de la démocratie et de l’État de droit en RDC.

« Où est la démocratie ? Où est l’État de droit ? Est-ce cela la forme de dialogue au goût du régime ? Halte à ces méthodes rétrogrades d’un autre âge », a-t-il déclaré, appelant à la libération immédiate de plusieurs cadres du parti détenus par les services de sécurité.

Dans un communiqué, il a exigé « la libération immédiate et sans condition de nos camarades Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga, Parole Kamizelo, Nathanaël, ainsi que d’autres cadres détenus en raison de leur appartenance à l’opposition et de leurs opinions politiques ».

Autre figure de proue du PPRD, Francine Muyumba estime pour sa part que la multiplication des arrestations politiques est incompatible avec un discours de paix et de réconciliation nationale.

« On ne peut prétendre œuvrer pour la paix tout en réprimant l’opposition. La décrispation politique n’est pas une option, c’est une obligation », a-t-elle insisté.

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Pour plusieurs observateurs, ces arrestations, enregistrées sous le second et dernier mandat du président Tshisekedi, s’inscrivent dans une dynamique d’étouffement de la liberté d’opinion et d’opposition pourtant garantie par la Constitution congolaise. Des défenseurs des droits humains dénoncent une recrudescence des enlèvements et arrestations arbitraires, particulièrement depuis l’émergence de soupçons faisant état d’un soutien de l’ancien président Joseph Kabila à la coalition rebelle AFC-M23, qui occupe actuellement les villes de Goma et Bukavu, dans l’est du pays.

Séraphin Mapenzi

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