À Bukavu, la motion de défiance déposée contre Modeste Bahati Lukwebo, alors deuxième vice-président du Sénat, continue de susciter des réactions dans la Société civile. Avec 83 signatures recueillies lors de la rentrée parlementaire du 16 mars 2026, cette initiative est perçue par certains observateurs comme le reflet d’une recomposition politique en cours en République Démocratique du Congo.
Interrogé par La Prunelle RDC ce mercredi 18 mars 2026, l’acteur social Jean-Bosco Muhemeri estime que cette démarche s’inscrit dans une logique de repositionnement des acteurs politiques plutôt que dans une dynamique de gouvernance cohérente.
« Nous sommes dans un schéma de clientélisme, c’est carrément le marché. Quand vous n’avez plus rien à donner, il y a redistribution des rôles et repositionnement des personnes », a-t-il déclaré.
Selon Jean-Bosco Muhemeri, la situation actuelle traduit une recomposition politique à l’approche d’enjeux majeurs, marquée par une absence de vision structurée au sein de la classe politique congolaise.
« La classe politique a démontré une insuffisance, sans cohérence autour d’un programme ou d’une ambition noble pour l’État congolais », a-t-il déploré.
Pour lui, la motion de défiance contre Modeste Bahati Lukwebo répond avant tout à une volonté de repositionner de nouveaux acteurs appelés à assumer des responsabilités stratégiques.
L’analyste évoque également les débats en cours autour de la Constitution, estimant que certaines forces politiques, notamment l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), chercheraient à s’appuyer sur des profils capables de porter des réformes controversées.
« L’UDPS chercherait des personnes prêtes à aller jusqu’au bout, capables de franchir certaines limites », a-t-il affirmé.
À l’en croire, Modeste Bahati Lukwebo, connu pour ses stratégies politiques, ne correspondrait pas à ce profil, ce qui pourrait expliquer les pressions exercées contre lui.
Au-delà des considérations politiques, Jean-Bosco Muhemeri alerte sur les risques d’instabilité institutionnelle. Il rappelle que la chambre basse du Parlement avait déjà connu des turbulences, et s’inquiète de voir désormais le Sénat à son tour fragilisé.
« Nous sommes dans des calculs politiciens qui échappent à la logique de la démocratie », a-t-il souligné.
Dans son analyse, l’acteur social va plus loin, évoquant une continuité historique des pratiques politiques qu’il qualifie de « politicaille à la congolaise », remontant selon lui aux années 1960.
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Il fait notamment référence à des périodes marquées par des logiques de clientélisme et de luttes d’influence, estimant que peu de progrès ont été réalisés en matière de culture démocratique en République Démocratique du Congo.
« La nation congolaise est restée à un stade embryonnaire de la démocratie et de la République », a-t-il conclu.
Alors que la motion de défiance contre Modeste Bahati Lukwebo s’inscrit dans un contexte politique tendu, les réactions comme celle de Jean-Bosco Muhemeri montrent les interrogations persistantes sur la gouvernance, la stabilité institutionnelle et l’avenir du système politique congolais.
