En République démocratique du Congo, l’opérationnalisation de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) marque l’aboutissement d’une réforme attendue depuis l’adoption, en 2011, de la loi sur les finances publiques. L’administration financière entre désormais dans sa phase opérationnelle sous l’impulsion du ministre des Finances Doudou Fwamba.
La mise en service effective a été matérialisée le 19 février 2026 par l’installation des services de la DGTCP dans des locaux modernes à Kinshasa. Cette étape consacre la déconcentration de l’ordonnancement, un mécanisme qui permet une gestion plus décentralisée et plus fluide des dépenses publiques, conformément à la vision de modernisation de la gouvernance financière de l’État.
Selon les autorités, la réforme s’inscrit également dans le cadre des engagements structurels du programme économique conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). Huit des onze repères fixés dans ce partenariat auraient déjà été atteints, traduisant une accélération du processus de stabilisation des finances publiques.
Sur le plan technique, la modernisation se traduit par le déploiement de nouveaux outils de gestion, notamment l’interfaçage des systèmes d’information du Trésor avec ceux de la Banque Centrale du Congo, garantissant la traçabilité et la sécurisation des flux financiers de l’État. Des postes comptables modernisés et l’ouverture de comptes d’opération renforcent désormais la chaîne de dépense publique.
La réforme s’accompagne aussi d’un renforcement du capital humain. De nouveaux comptables publics ont prêté serment, tandis que le logiciel de gestion de la chaîne de la dépense est progressivement déployé dans des secteurs stratégiques tels que la Défense, l’Agriculture et l’Enseignement supérieur et universitaire.
Le directeur général intérimaire de la DGTCP, Serge Maabe Mwanyimi, a instauré une charte d’utilisation des infrastructures administratives ainsi qu’un dispositif de contrôle interne visant à consolider la discipline budgétaire et la responsabilité dans la gestion des ressources publiques.
Au-delà des aspects techniques, les autorités congolaises affirment vouloir promouvoir une nouvelle culture de gestion fondée sur la transparence, la traçabilité des dépenses et la rigueur budgétaire, faisant de la DGTCP un pilier de la modernisation financière du pays.

