Intervenons-nous

    Le vice-président du Sénat congolais, Modeste Bahati Lukwebo, a exprimé des réserves sur le débat autour de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo. Pour lui, le problème du pays ne réside pas dans les textes juridiques mais dans leur application par les responsables politiques.

    Président du parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) et membre de la coalition présidentielle Union Sacrée de la Nation, Bahati Lukwebo a vivement critiqué les discussions actuelles autour d’une éventuelle modification de la Constitution.

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    Selon lui, la RDC ne souffre pas d’un déficit de textes juridiques, mais plutôt d’un manque de volonté de certains acteurs à les appliquer.

    « Le pays n’a pas un problème de textes, mais un problème d’hommes qui doivent appliquer ou se conformer aux textes qui existent », a-t-il déclaré.

    Le sénateur estime également que les débats actuels sont davantage motivés par des calculs politiques.

    « Tous ces débats-là, je crois que ce sont des débats politiciens. Et il faut qu’on en parle. Parce que si les gens commencent à vouloir imposer leurs vues à tout le monde, ceci peut provoquer des réactions dans le sens contraire », a-t-il averti.

    Malgré ses critiques, Bahati Lukwebo plaide pour un débat clair et ouvert sur la question de la révision ou de la modification de la Constitution.

    Il a notamment contesté certains arguments avancés pour justifier une réforme constitutionnelle, évoquant les comparaisons faites sur l’âge d’une Constitution.

    « Il ne suffit pas de bénéficier de la caméra et du micro des journalistes pour commencer à dire que la Constitution ne peut pas dépasser un certain âge. Quelqu’un a même dit que des personnes de 50 ou 60 ans font preuve d’immaturité dans leur gestion. Alors si ceux qui ont 50 ou 60 ans ne sont pas matures, pourquoi dire qu’une Constitution de 70 ans serait vieille ? »

    Le vice-président du Sénat regrette également que certains responsables, censés protéger et respecter la Constitution, soient ceux qui relancent le débat sur sa modification.

    « Ils ne veulent pas nous dire ce qu’ils veulent. Qu’ils le disent ouvertement. Nous, nous savons que nous nous préparons », a-t-il déclaré.

    Il a par ailleurs affirmé que sa famille politique bénéficie toujours d’un soutien important de la population et a appelé ses membres à se concentrer sur le travail politique.

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    « Notre famille politique bénéficie aujourd’hui de la confiance d’une grande partie de la population. Travaillons pour continuer cette action-là. Mettons-nous au travail », a-t-il conclu.

    Ces déclarations interviennent alors que plusieurs cadres de l’Union Sacrée de la Nation ont déjà exprimé leur soutien à l’idée d’une modification ou d’un changement de la Constitution, évoquée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi.

    Trésor Wilondja

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