À l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), ONU Femmes alerte : si l’interdiction légale est essentielle, la véritable protection des filles passe par un changement des mentalités masculines et un soutien complet aux survivantes.
Des millions de femmes à travers le monde subissent encore les conséquences de l’excision, même dans des pays où la pratique est interdite. Au-delà des blessures physiques, les survivantes font face à l’isolement et au manque de soutien psychologique et social. Pour ONU Femmes, la justice ne se limite pas à sanctionner les auteurs : elle doit inclure la reconstruction physique, psychologique et sociale des victimes.
L’organisation souligne également le rôle central des hommes dans la perpétuation ou l’abolition des MGF. Dans certaines communautés, l’excision est encore perçue comme un passeport vers le mariage et la sécurité économique. Selon Tony Mwebia, directeur de Men End FGM au Kenya : « Les hommes déterminent ce qui est acceptable. Tant qu’ils exigeront que leurs futures épouses soient excisées, la pratique perdurera, même dans l’illégalité. »
Le défi est culturel : même les jeunes hommes qui s’opposent aux MGF peuvent céder sous la pression familiale au moment du mariage. Briser ce cycle nécessite donc de convaincre les hommes de refuser publiquement cette norme, afin de saper le pilier qui soutient encore cette violence.
Pour ONU Femmes, la loi reste un bouclier, mais pas un remède miracle. L’organisation travaille avec les gouvernements pour renforcer la législation et assurer la responsabilité effective des auteurs, tout en garantissant que chaque fille puisse grandir dans une société où sa valeur n’est plus mesurée par l’atteinte à son intégrité physique.
En cette journée de mobilisation mondiale, le message est clair : la tolérance zéro n’est pas seulement une affaire de tribunaux, mais un combat collectif qui engage aussi la solidarité masculine.

