Le paysage médiatique et culturel de la République démocratique du Congo est en deuil. Pepitho Ngudie Kulondi, figure emblématique de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) et acteur majeur de la scène théâtrale congolaise, est décédé ce mercredi 14 janvier 2026 à Kinshasa, à l’âge de 59 ans. Connu du grand public comme le visage de l’émission culte « Libala ya bosembo », il laisse l’image d’un homme de rigueur, de conviction et de passion pour la culture.
Né le 27 décembre 1965 à Kinshasa, Pepitho Ngudie Kulondi considérait la culture non comme un simple divertissement, mais comme une discipline exigeante, nécessitant organisation, vision et professionnalisme. Diplômé de l’Institut national des arts (INA) en animation culturelle, il s’était spécialisé dans l’administration et la gestion des entreprises culturelles, convaincu que la création artistique ne pouvait s’épanouir sans un cadre institutionnel solide.
Sa carrière audiovisuelle débute en 1996 sur Télé-Zaïre 2, où son talent de concepteur et sa créativité le distinguent rapidement. En 1999, il rejoint la RTNC2/ICA en qualité de producteur-réalisateur, amorçant une ascension marquée par la maîtrise de tous les rouages de la production télévisuelle, de la direction artistique à la mise en scène.
Plus qu’un présentateur, Pepitho Ngudie Kulondi était un bâtisseur de programmes. Sa nomination, en 2023, au poste de Directeur des programmes et productions de la RTNC, est venue consacrer près de trois décennies d’engagement au service de la télévision publique congolaise.
Parallèlement à sa carrière à l’écran, il n’a jamais abandonné sa passion pour le théâtre. Poète, dramaturge et metteur en scène, il a notamment dirigé l’atelier théâtral du Centre culturel français de Kisangani, contribuant à la formation et à l’encadrement de nombreux talents.
Son engagement pour la reconnaissance des métiers de la culture s’est aussi exprimé à travers une implication syndicale et associative soutenue. Pepitho Ngudie Kulondi s’est éteint des suites d’une maladie, laissant derrière lui une veuve et six enfants.
Il restera dans les mémoires comme un passeur entre les arts vivants et la télévision, un homme ayant su concilier la liberté de la création et la discipline de l’institution. Avec sa disparition, la RDC perd l’un de ses plus fins administrateurs et artisans de la culture.

