Intervenons-nous

Le mouvement de retour des ressortissants congolais s’intensifie à la frontière de Kamvivira, entre la République démocratique du Congo et le Burundi, depuis la réouverture officielle des points de passage le 23 février 2026.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), près de 5.000 personnes ont déjà été recensées comme ayant regagné le territoire congolais en l’espace de deux jours.

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L’agence onusienne indique que ce retour s’inscrit dans le cadre du suivi du mouvement spontané de rapatriement observé après la stabilisation de la ville d’Uvira.

« Le HCR reste aux côtés des autorités congolaises et de ses partenaires pour assurer un retour sûr et digne aux congolais qui rentrent spontanément du Burundi. Grâce au monitoring des frontières, 5.000 personnes ont été recensées en deux jours », a indiqué l’organisation.

Sur le terrain, de nombreuses familles regagnent le pays après plusieurs mois passés sur le territoire burundais. Si le retour est généralement accueilli avec soulagement, il révèle également l’ampleur des défis humanitaires liés à la réintégration.

Plusieurs priorités d’assistance ont été identifiées pour les rapatriés : L’accès à l’eau potable, particulièrement pour les familles épuisées par le voyage, les soins de santé, avec une attention particulière pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées, les articles ménagers essentiels tels que nattes, couvertures, seaux, savon ou ustensiles de cuisine, l’assistance alimentaire d’urgence pour les ménages arrivant sans réserve de nourriture ou encore la mise à disposition d’abris temporaires pour les familles dont les maisons ont été détruites ou occupées pendant l’exil.

Certaines personnes retournent vers des zones où leurs habitations ont été endommagées ou pillées, compliquant ainsi le processus de réinstallation durable.

Face à l’ampleur du phénomène, le HCR appelle à un accès humanitaire renforcé dans la région d’Uvira et le long de la frontière de Kamvivira.

L’organisation onusienne demande aux autorités congolaises ainsi qu’aux partenaires humanitaires de faciliter les interventions d’urgence, d’ouvrir des couloirs sécurisés pour l’aide et de mobiliser davantage de ressources pour accompagner les rapatriés.

Pour l’agence, la réponse doit être globale : protection des populations, assistance humanitaire immédiate et soutien à la réintégration socioéconomique constituent des piliers indissociables pour prévenir de nouveaux déplacements.

La réouverture de la frontière entre la RDC et le Burundi constitue un signal important dans un contexte marqué par des mobilités forcées dans la région des Grands Lacs.

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À Kamvivira, la frontière n’est plus seulement un espace de séparation géographique, mais devient progressivement le symbole d’un retour à la maison pour des milliers de citoyens congolais.

Les autorités et les acteurs humanitaires estiment que la réussite de ce processus dépendra de la capacité collective à garantir sécurité, solidarité et moyens concrets d’accompagnement sur le terrain.

Abdallah Mapenzi

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