A Munanira, dans le territoire de Kalehe, 75 jeunes touchés par les conflits armés suivent une formation professionnelle en coupe et couture, menuiserie et savonnerie. Une initiative portée par l’Organisation de la Solidarité des Volontaires pour l’Humanité (SVH), avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui vise à promouvoir l’autonomie économique et la cohésion sociale dans une zone fragilisée par l’insécurité.
Ces 75 jeunes ont des parcours bouleversés par les violences armées dans le territoire de Kalehe. Déplacés internes, retournés, jeunes issus des communautés des peuples autochtones et autres catégories vulnérables se retrouvent aujourd’hui dans un centre de formation professionnelle où ils apprennent des métiers pratiques et générateurs de revenus.
Lire aussi : Sud-Kivu : La jeunesse porte sa voix jusqu’à la Présidence de la République
Ces filières ont été choisies pour leur potentiel économique local et leur accessibilité. Pendant quatre mois, les bénéficiaires alternent apprentissage théorique et pratique, avec l’objectif d’acquérir des compétences immédiatement exploitables à la fin du programme.
Selon M. Manya Nteranyi, superviseur du projet au sein de la SVH, cette initiative va au-delà d’une simple formation technique.
« Nous voulons promouvoir la résilience et l’auto-prise en charge de ces jeunes affectés par les conflits. L’idée est de réunir déplacés, retournés, personnes vivant avec handicap et membres des peuples autochtones autour d’une même formation afin de renforcer les nouvelles relations sociales et prévenir les tensions », explique-t-il.
Dans un contexte où les conflits ont souvent fragmenté le tissu communautaire, le projet met également l’accent sur la cohésion sociale et la gestion pacifique des différends. Les bénéficiaires sont constitués en groupes de travail afin de favoriser l’entraide, la solidarité et l’apprentissage collectif.
A l’issue de la formation, ces groupes recevront des kits collectifs pour démarrer des activités génératrices de revenus, tandis que des kits d’apprentissage individuels sont déjà distribués pendant le processus de formation.
Au centre de Munanira, la satisfaction est visible sur les visages des apprenants. Plusieurs témoignent de leur reconnaissance envers la SVH et le PNUD.
« Cette formation va m’aider à subvenir à mes besoins et à soutenir ma famille. Je pourrai aussi former d’autres jeunes », confie une participante en coupe et couture.
Un autre bénéficiaire en menuiserie plaide pour un accompagnement supplémentaire : « Nous souhaitons être dotés de machines après la formation pour continuer à travailler et assurer notre avenir. »
Lancée le 16 février 2026, la formation s’étendra jusqu’au 16 juin 2026. Pour ces jeunes marqués par les conséquences des conflits armés, ce programme représente une opportunité concrète de reconstruire leur vie, de retrouver leur dignité et de contribuer activement au développement de leur communauté.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencja.
