Dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, les veuves affectées par les conflits armés multiplient de petites activités génératrices de revenus pour subvenir aux besoins essentiels de leurs familles. Entre insécurité persistante, absence d’assistance humanitaire et précarité économique, ces femmes appellent à un soutien urgent et à des initiatives durables d’autonomisation.
A Miti dans le village de Cibinda Kashanja par exemple, plusieurs veuves tentent de faire face à la crise en s’engageant dans des travaux journaliers dans les champs de particuliers. D’autres s’exercent au petit commerce, grâce à des prêts contractés au sein de groupes de microcrédits communautaires, souvent appelés « AVEC » (Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit).
Ces activités, bien que modestes, représentent parfois la seule source de revenus pour nourrir leurs enfants. Certaines femmes expliquent comment elle cultivent des parcelles mesurant environ 25 mètres sur 4 en échange d’une maigre rémunération ou d’une mesure de farine. Mais l’insécurité persistante limite l’accès aux champs et rend ces opportunités de plus en plus rares.
Mme Nsimire M’Kahuyege Jeannette, présidente des veuves de l’association Tusaidiyane Wajane, indique que ces femmes s’investissent également dans de petits élevages et d’autres travaux champêtres pour diversifier leurs moyens de subsistance.
« En cette période de guerre, les veuves se débrouillent par de petits commerces qu’elles étalent le long de la route pour assurer la survie de leurs enfants. Certaines effectuent des travaux champêtres sans même être sûres d’être payées. Elles souffrent énormément et demandent l’aide des autorités et des personnes de bonne volonté, car elles n’ont plus de maris pour les seconder », témoigne-t-elle.
Elle souligne également que certaines femmes ont été abandonnées par leurs époux partis sans retour, les laissant dans une situation similaire à celle des veuves de guerre.
Selon plusieurs témoignages recueillis, beaucoup de ces femmes n’ont jamais bénéficié d’une assistance humanitaire. Elles déplorent le manque de nourriture, de vêtements, de savon et de moyens financiers pour répondre aux besoins de base de leurs familles.
« Nous traversons une vie difficile. Nous manquons de nourriture et aucune aide humanitaire ne nous parvient », confie l’une d’elles.
Madame Sarah Ndebo, coordinatrice de l’organisation Women and Youth for Climate, estime que des initiatives d’autonomisation économique sont indispensables pour renforcer la résilience des veuves affectées par les conflits.
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Selon elle, l’appui aux activités génératrices de revenus et l’accès aux mécanismes de microcrédit permettraient à ces femmes de devenir plus indépendantes et de mieux prendre en charge leurs familles.
« En donnant aux femmes les moyens de prendre en main leur vie, nous contribuons à la reconstruction de la communauté et à la promotion de la paix », affirme-t-elle.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencja.
