Intervenons-nous

À l’occasion de la Journée mondiale de la vie consacrée, célébrée chaque 2 février, sœur Aimerance Lukengero, membre de la congrégation des Filles de Marie Reine des Apôtres à Bukavu et responsable du département Dynamique Femme, Paix et Inclusion à la Commission diocésaine Justice et Paix (CDJP), rappelle que la vie consacrée constitue avant tout un modèle de don de soi, de fraternité et de partage.

Selon elle, les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, loin d’être une marque de misère, sont un choix libre de détachement matériel et de dépendance spirituelle, permettant aux personnes consacrées de se consacrer pleinement à leur mission au service de Dieu, de la communauté et des autres.

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« La vie consacrée offre au monde un modèle de fraternité sociale et de service désintéressé, même dans un contexte marqué par l’individualisme et la recherche d’intérêts personnels », explique sœur Aimerance.

Elle souligne que ce mode de vie implique des sacrifices, comme l’éloignement de la famille biologique et le renoncement à certaines responsabilités matérielles, mais favorise la liberté intérieure et le don authentique de soi. Vivre en communauté avec des personnes venues de milieux, pays et cultures différents est, selon elle, une école de fraternité, de respect de la dignité humaine et de valorisation responsable de chacun.

Au-delà de la dimension spirituelle, la vie consacrée contribue au développement social, en promouvant l’usage responsable des ressources, le respect des plus démunis et la protection de l’environnement. Sœur Aimerance insiste également sur l’importance de la fraternité et du soutien mutuel au quotidien, et sur l’exemple que ces valeurs peuvent représenter pour la jeunesse : la liberté intérieure et la responsabilité dans le choix de ses engagements.

Cependant, elle relève plusieurs défis actuels pour la vie consacrée : la sécularisation, la perte de repères spirituels dans une société matérialiste et individualiste, la crise des vocations et la perception d’un engagement contraignant pour les jeunes. Des difficultés internes, comme le manque d’attention mutuelle ou les défis d’adaptation à la vie communautaire, ainsi que l’insécurité et la marginalisation de certaines zones, compliquent également le témoignage quotidien des consacrés.

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« La vie consacrée montre au monde l’importance de la fraternité, du service désintéressé et de la responsabilité dans nos choix », conclut sœur Aimerance, invitant chacun à s’inspirer de ces valeurs dans sa vie quotidienne.

Vinciane Ntabala

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