À l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie célébrée ce 20 mars 2026, des jeunes de Bukavu ont appelé leurs pairs à s’engager activement dans la construction de la paix, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région marquée par des conflits persistants.

Placée cette année sous le thème « Génération, paix : la contribution de la jeunesse à un monde plus apaisé », cette journée vise à valoriser le rôle des jeunes dans l’édification de sociétés inclusives et leur capacité à répondre aux crises contemporaines.

Lire aussi : Francophonie : le français atteint 396 millions de locuteurs et devient la 4ᵉ langue la plus parlée au monde

Interrogés par La Prunelle RDC ce vendredi, plusieurs jeunes de Bukavu ont insisté sur la responsabilité de la jeunesse dans la promotion de la paix, à travers des actions concrètes au sein de leurs communautés.

Étudiante à l’Université Officielle de Bukavu, Nathalie Ntambala estime que les jeunes doivent jouer un rôle clé dans la sensibilisation contre les violences, la médiation et la résolution pacifique des conflits. Selon elle, leur énergie et leurs compétences constituent un levier important de changement.

« C’est nous qui devons dénoncer les violences, proposer des messages de paix et promouvoir des projets éducatifs et entrepreneuriaux pour lutter contre la pauvreté, qui souvent est à la base des conflits dans nos communautés », a-t-elle déclaré.

De son côté, John Rusengo, psychologue clinicien au sein de l’organisation Action pour la Résilience et le Bien-être (AREB), souligne que la construction de la paix commence par des gestes simples au quotidien. Il encourage les jeunes à privilégier le dialogue au sein des familles et des communautés.

« La paix ne vient pas seulement des grandes décisions politiques. Si nous savons prendre des initiatives qui favorisent la paix à petite échelle, nous faisons déjà un pas vers la construction de la paix à grande échelle », a-t-il expliqué.

Il a également mis en garde contre les discours de haine, le tribalisme et la discrimination, appelant les jeunes à ne pas devenir des relais de messages nuisibles à la cohésion sociale.

Pour sa part, Daniella Bidugu insiste sur la lutte contre la désinformation, qu’elle considère comme un facteur majeur de déstabilisation sociale. Elle appelle les jeunes à développer leur esprit critique face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux.

« La principale guerre, la plus forte, c’est la guerre de l’information sur les réseaux sociaux », a-t-elle affirmé, dénonçant la propagation d’informations non vérifiées.

Dans leurs interventions, ces jeunes invitent leurs pairs du Sud-Kivu, et particulièrement de Bukavu, à participer aux programmes internationaux, à s’impliquer dans les initiatives locales de paix, à soutenir les efforts des autorités et à cultiver la résilience face aux effets de la guerre.

Lire aussi : Une Lumumba à la tête de la Francophonie ?

Instituée en 2010 par le Département de l’information des Nations Unies, la Journée internationale de la Francophonie vise à promouvoir le multilinguisme et la diversité culturelle, tout en garantissant l’utilisation équitable des six langues officielles au sein du système onusien. Elle met également en lumière le rôle du français comme vecteur de dialogue, de paix et de coopération internationale.

Brigitte Furaha

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.