Sur les rives du Lac Kivu, dans le territoire d’Idjwi, des enfants mineurs sont de plus en plus visibles dans les pirogues, exerçant des activités de pêche au détriment de leur scolarité.
Ces enfants passent des nuits entières et des journées sur le lac, bravant les vagues et les intempéries, particulièrement en cette période de saison des pluies. Une situation qui les expose à de graves risques, notamment celui de noyade.
Le phénomène est particulièrement observé dans la partie sud d’Idjwi, où plusieurs élèves ont abandonné l’école pour se consacrer à la pêche, dans l’espoir de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.
Des parents, indignés et préoccupés, dénoncent une situation qui compromet l’avenir de leurs enfants. Ils expliquent que la crise économique persistante dans la zone les empêche de répondre aux besoins essentiels, entre autres : le paiement des frais scolaires, l’habillement, les soins de santé et l’alimentation.
« Les parents sont devenus incapables de couvrir certains besoins de base. Les enfants n’ont plus d’encadrement. Ils s’exposent à beaucoup de dangers sur le lac, notamment les noyades. Si les autorités pouvaient chercher un mécanisme d’encadrement, cela aiderait beaucoup », témoigne un parent rencontré par le bulletin Habari Za Mahali.
Sur l’axe de pêche de Maganga, un enfant raconte son vécu : « Nous souffrons beaucoup. Quand nous passons deux ou trois jours sans manger, nous pêchons à cause de la famine ».
Cet enfant soutient que les problèmes de scolarité font partie des grands défis que les enfants d’Idwi traversent.
« Si nous manquons d’habits ou de fournitures, nous prenons le chemin du lac pour subvenir à nos besoins. Nous demandons à l’État de trouver une solution pour les frais scolaires afin de nous permettre d’évoluer normalement », lance-t-il.
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Cette réalité soulève une question majeure de responsabilité collective. Le recours précoce au travail de pêche fragilise le tissu social et hypothèque l’avenir scolaire d’une génération entière à Idjwi. Il est nécessaire d’instaurer des mesures d’encadrement, de soutien économique aux familles et de protection de l’enfance afin d’éviter l’aggravation de ce phénomène.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencja.

