Le territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, fait face à une grave dégradation des conditions de vie des habitants et des déplacés, consécutive aux déplacements massifs de populations enregistrés depuis la prise de la ville d’Uvira et les affrontements armés dans les zones voisines. Bien qu’une relative accalmie ait été observée ce mardi 6 janvier 2026, la situation humanitaire demeure très préoccupante.
Selon Samy Kalondji Badibanga, administrateur du territoire de Fizi, des affrontements sont signalés dans les Hauts Plateaux, opposant les groupes Retabara et Ngumino, ainsi que sur la Route nationale numéro 5, notamment dans le village de Makobola, présenté comme un front du M23. Ces violences sont à l’origine de mouvements massifs de populations vers des zones jugées plus sûres.
L’autorité territoriale indique que la situation humanitaire se détériore de jour en jour, les déplacés internes et externes vivant dans des conditions qualifiées de non humaines, en raison de la faible assistance humanitaire disponible.
Selon l’administrateur de Fizi, les déplacés se sont principalement concentrés dans quatre grandes zones : l’axe Kimbilulenge, le secteur de Lulenge, le village de Makobola, dans le groupement de Bashibukuma Sud, le groupement de Busombo, où se réfugient les populations fuyant les combats dans les Hauts Plateaux de Minembwe.
Il ajoute que le littoral du lac Tanganyika accueille également un grand nombre de déplacés répartis dans plusieurs villages, notamment Kazimiya (groupement de Bashikalangwa, secteur des Kandia), Ine, Mayenga, Some, chef-lieu du groupement de Babwari, ainsi que d’autres localités environnantes.
« Un nombre important de déplacés internes se trouve actuellement dans le territoire de Fizi », insiste Samy Kalondji Badibanga, soulignant que presque tous les villages du groupement de Fizi enregistrent un afflux massif de populations fuyant les conflits armés.
Ces déplacements exposent les populations à de nombreux risques sanitaires, notamment le choléra dans les zones du littoral du lac Tanganyika, ainsi que la rougeole. « Les victimes sont nombreuses, surtout parmi les enfants, déjà affectés par ces maladies », déplore l’administrateur, évoquant des conditions d’hygiène insuffisantes.
Dans l’axe Fizi-centre, plus précisément dans le groupement de Bashimukuma Sud, secteur de Mutambala, des déplacements de population sont également signalés dans plusieurs villages, où les familles déplacées sont hébergées au sein de familles d’accueil.
Face à cette situation, l’administrateur du territoire de Fizi lance un appel urgent à l’aide humanitaire, exhortant le gouvernement provincial et national à intervenir afin de porter assistance à ces citoyens en détresse, à la recherche d’un abri sûr pour protéger leur vie.
Il appelle également la communauté humanitaire à intensifier son intervention, notamment à travers l’apport de vivres et non-vivres, de matériaux de construction, soulignant que plusieurs écoles et églises ont cessé de fonctionner, ayant été transformées en sites d’accueil des déplacés. Il alerte par ailleurs sur la situation des femmes enceintes exposées à de grands risques, ainsi que sur les cas de violences sexuelles, touchant particulièrement les déplacés internes ayant fui les atrocités de la guerre et l’avancée des groupes rebelles.
Sylvie Bahati et Pacifique Lwaboshi

