La tension politique monte dans la province de l’Équateur. Un collectif de citoyens, dénonçant ce qu’il qualifie de « paralysie institutionnelle », réclame la dissolution de l’Assemblée provinciale, accusée de freiner le développement local et de céder au clientélisme.
Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, les membres du collectif des « citoyens révoltés » appellent à une mobilisation citoyenne inédite. La pétition qu’ils ont déposée en début de semaine vise à atteindre 25 000 signatures, dans le but d’alerter directement le Chef de l’État, seul habilité, selon eux, à dissoudre l’organe législatif en cas de crise persistante.
« L’Assemblée provinciale ne joue plus son rôle de contre-pouvoir, mais agit comme un frein au développement régional », affirment les activistes.
Le mouvement dénonce également des pratiques de népotisme : plusieurs élus seraient impliqués dans des recrutements favorisant leurs proches, au détriment de la méritocratie locale.
Face à cette fronde, l’Assemblée provinciale maintient sa position. Ézéchiel Ambokani, rapporteur de l’organe cité par Radio Okapi, rejette la légitimité de la démarche citoyenne.
« La Constitution de la RDC est claire : une pétition, aussi massive soit-elle, ne peut se substituer aux mécanismes légaux de dissolution », a-t-il souligné.
Cette contestation survient alors que la province de l’Équateur affiche des indicateurs de développement stagnants. Infrastructures délabrées, services sociaux insuffisants et perspectives économiques limitées nourrissent la colère populaire.
Pour les analystes politiques, l’issue de ce bras de fer dépend d’un arbitrage rapide de Kinshasa. Sans intervention du pouvoir central, cette crise pourrait paralyser durablement l’exécutif provincial et affaiblir l’autorité de l’État dans cette région stratégique.
Joseph Aciza

