La situation humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure alarmante. Selon des chiffres relayés par la diplomatie belge, au moins une femme est victime de violences sexuelles toutes les quatre minutes et un enfant toutes les trente minutes, dans le contexte du conflit opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) au mouvement rebelle du M23.
Ces données ont été évoquées par Maxime Prévot, vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, qui estime que, malgré les initiatives de médiation menées par Washington et Doha, la situation sur le terrain reste « pire que jamais » et « extrêmement préoccupante » sur le plan humanitaire.
« Je m’étonne d’ailleurs que ce soit seulement la deuxième fois que la situation à l’est du Congo soit traitée en l’espace d’un an. Cela ne peut pas être un conflit oublié. C’est un conflit pour lequel l’Union européenne a aussi un rôle à jouer », a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie belge plaide pour le retrait des troupes du M23 et du Rwanda des zones qu’elles occupent, ainsi que pour le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
« Mais l’urgence, pour le moment, elle est à l’action européenne pour résoudre la situation humanitaire », a-t-il ajouté.
Maxime Prévot a également annoncé que la Belgique mettra l’accent sur la réouverture de l’aéroport de Goma, afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations en détresse.
« Qu’il n’y ait pas de doute, il n’y a pas de volonté d’un usage militaire de l’aéroport. C’est vraiment un des éléments sur lesquels la Belgique va mettre l’accent », a-t-il précisé.
Pour Bruxelles, l’engagement de l’Union européenne doit désormais être beaucoup plus fort, plus large et plus assertif aux côtés des populations civiles qui subissent, depuis trop longtemps, les conséquences tragiques de ce conflit armé.

