Deux ans après le carnage de Ndosho dans la ville de Goma au Nord-Kivu, les familles des victimes continuent de réclamer justice et réparation. Le 30 août 2023, plus de 103 fidèles de l’Église de la Foi Naturelle Judaïque Messianique vers les Nations (FNJMN), connue sous le nom de « Wazalendo », avaient été tués par balles lors d’une répression sanglante attribuée aux forces de l’ordre. L’événement, qualifié de massacre par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, avait également laissé derrière lui plus de 300 orphelins, de nombreuses veuves et des blessés graves.
Ce vendredi 30 août 2025, à l’occasion du deuxième anniversaire, les fidèles de la FNJMN se sont réunis dans leur église à Goma, en présence des dirigeants de l’AFC-M23, pour commémorer les victimes.
Dans une déclaration à la presse locale, les responsables des Wazalendo ont dénoncé « l’injustice persistante » et le silence des autorités.
« Deux ans après, les cicatrices sont toujours visibles sur les visages des victimes, alors que les vrais bourreaux circulent librement », ont-ils déclaré.
Le prophète Ephraïm Bisimwa, leader de la FNJMN, a lancé un appel pressant à la communauté internationale et à la justice internationale afin que les orphelins, les veuves et les blessés trouvent enfin justice et réparation.
« Nous avons tendu la main au gouvernement de Kinshasa pour obtenir réparation, mais cela est resté sans suite », a-t-il regretté.
Bisimwa a également exhorté l’opinion publique et les autorités de la rébellion du M23, présentes à cette commémoration à ne pas confondre leur mouvement spirituel avec les Wazalendo alliés aux FARDC.
« Nous ne sommes pas les Wazalendo que vous combattez. Nous sommes les premiers à avoir ce nom, et eux l’ont usurpé. Nos fidèles doivent pouvoir exercer leurs activités librement et ne doivent pas être considérés comme des ennemis », a-t-il précisé.
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Pour rappel, le massacre du 30 août 2023 avait été perpétré contre des civils rassemblés dans les installations de la radio de l’église lors d’une veillée, ainsi que dans leur lieu de culte situé à Nyabushongo, dans la commune de Karisimbi, à Goma.
Selon plusieurs rapports, les éléments de la Garde républicaine étaient impliqués dans cette opération meurtrière. Jusqu’à ce jour, les enquêtes judiciaires n’ont pas abouti, laissant les victimes et leurs familles sans aucune réparation.