La journaliste burundaise Sandra Muhoza, collaboratrice du média en ligne La Nova Burundi, a été condamnée à quatre ans de prison ferme par le tribunal de Ngozi, ce mercredi 14 janvier 2026. Une décision qui suscite une vive indignation au sein des organisations de défense de la liberté de la presse et ravive les inquiétudes sur son état de santé jugé alarmant.
Poursuivie pour « atteinte à l’intégrité du territoire national » et « aversion raciale », la journaliste a reçu notification de sa peine directement à la prison de Ngozi, où elle est détenue. Le ministère public avait requis une peine de douze ans de prison. La défense dénonce un procès « inique et erratique » et a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Dans un communiqué, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) estime que cette condamnation repose sur des « accusations forgées de toutes pièces ». Les faits reprochés à Sandra Muhoza concernent des messages partagés dans un groupe privé WhatsApp, dans lesquels elle relayait des informations évoquant une supposée distribution d’armes par les autorités burundaises.
Au-delà de l’aspect judiciaire, l’état de santé de la journaliste préoccupe fortement ses proches et les organisations de défense des droits humains. Lors de sa comparution du 19 décembre dernier, Sandra Muhoza est apparue très affaiblie, se déplaçant à l’aide d’une béquille. Souffrant d’une hernie discale, elle n’aurait toujours pas accès aux soins hospitaliers appropriés, une situation assimilée par ses proches à un refus de traitement de la part de l’administration pénitentiaire.
Cette condamnation intervient dans un dossier judiciaire marqué par de nombreux rebondissements. Une première condamnation prononcée fin 2024 avait été annulée en appel, avant que l’affaire ne soit renvoyée devant le tribunal de Ngozi. Pour RSF, ce verdict constitue un signal inquiétant adressé aux médias burundais.
« Cette décision montre les intentions réelles des autorités : continuer à considérer le journalisme comme un crime », déplore l’organisation.
Les proches de la journaliste, qui n’ont pas souhaité commenter publiquement la décision de justice, affirment que l’accès de Sandra Muhoza à des soins médicaux adéquats lui est toujours refusé.
À ce jour, Sandra Muhoza demeure la seule femme journaliste détenue de manière arbitraire en Afrique subsaharienne, un fait dénoncé par plusieurs organisations internationales et qui place, une fois de plus, le Burundi sous les projecteurs pour ses atteintes à la liberté d’expression et à la presse.

