Intervenons-nous

Le monde universitaire de Bukavu est en deuil. Le professeur Jovite Bashige, seul Professeur Ordinaire en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) dans la région, est décédé ce mercredi 28 janvier 2026. Sa disparition suscite une vive émotion au sein de la communauté académique, tant chez les enseignants que chez les étudiants.

Un enseignant passionné et engagé

Pour le professeur Aleke Lina Alex, collègue du défunt, Jovite Bashige était un enseignant profondément attaché à la recherche et à la transmission du savoir.

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« Il était vraiment ancré dans les questions scientifiques et aimait beaucoup son métier d’enseignant et de chercheur. La semaine passée à l’UOB, à la pause de midi, il m’a demandé de descendre avec lui. J’étais resté au bureau… Peut-être était-ce une façon de me dire adieu. J’ai été bouleversé d’apprendre sa mort », confie-t-il.

Bumba Mwamba Olivier, Chef de travaux et enseignant au Centre Universitaire de Paix (CUP) et étudiant en Master en Sciences de l’Homme et de la Société à l’UCB, souligne l’influence déterminante du professeur Bashige sur sa carrière.

« Depuis 2015, je l’ai connu comme enseignant au CUP. Je l’ai assisté pendant plus de cinq ans. Il m’a orienté, il m’a appris comment se comporter face aux étudiants. Une grande partie de mon parcours professionnel a été façonnée par lui », explique-t-il.

Pour lui, la disparition de ce « baobab » est une perte majeure pour la communauté scientifique de Bukavu, notamment à l’UOB, l’UCB, le CUP et au-delà.

Il rappelle également que le professeur Bashige occupait récemment des fonctions de Directeur Général dans une institution supérieure à Goma, dans un contexte où les enseignants en communication restent rares au Sud-Kivu.

Cizungu Josias, étudiant en Master en communication des organisations, évoque un enseignant rigoureux mais profondément humain.

« Il était strict sur la présence aux cours, mais très humain. Même en étant Directeur Général de l’UNIGOM, il continuait à nous dispenser le cours d’argumentation. Il mettait son savoir au service des étudiants et de ses collaborateurs. Il était aimant, participatif et toujours prêt à écouter », témoigne-t-il.

Pour Kasami Virginie, étudiante en Master de communication à l’UCB, le professeur Bashige était bien plus qu’un enseignant.

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« Il était humble, proche de nous, presque comme un père. Grâce à ses cours d’argumentation et de narratologie, nous avons appris à parler en public, à structurer un discours et à communiquer avec assurance. Ces enseignements nous servent encore aujourd’hui dans la vie professionnelle », raconte-t-elle.

Elle ajoute qu’en tant qu’ancienne cheffe de promotion, ses échanges réguliers avec le professeur avaient permis de bâtir une relation fondée sur la confiance et le respect.

Le corps du professeur Jovite Bashige repose actuellement à la morgue des Cliniques Universitaires de Bukavu, dans le quartier Nkafu, en attendant le programme officiel des obsèques.

Sa disparition laisse un vide immense dans le monde académique du Sud-Kivu et au sein de toute la communauté des sciences de la communication.

Suzanne Baleke & Ségolène Iranga

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