La baisse du niveau d’eau du lac Kivu, l’insuffisance des précipitations et l’accumulation des déchets au barrage de Ruzizi I affectent les conditions de production de l’électricité au Sud-Kivu. Face à ces difficultés, la Société nationale d’électricité (SNEL), direction du Sud-Kivu, appelle les abonnés à rationaliser leur consommation, à lutter contre la fraude électrique et à protéger les installations.
Selon les explications techniques fournies par la SNEL lors d’une visite de journalistes à la centrale hydroélectrique de Ruzizi I, la baisse du niveau du lac Kivu est notamment liée à la prolongation de la saison sèche et à l’insuffisance des pluies attendues depuis septembre et octobre 2026.
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Liévin Chizungu, chef du transport et de la production à la centrale, indique que le niveau d’eau du lac a diminué d’environ 80 centimètres par rapport à la même période de l’année précédente. Cette baisse affecte les conditions de fonctionnement des installations et limite la capacité de production électrique.
« Par rapport à l’année passée, nous avons en moins 80 centimètres de hauteur d’eau. […] Normalement, nous projetons qu’à partir du mois de septembre ou d’octobre, les pluies doivent déjà commencer à venir et notre production doit répondre d’une manière plus importante à notre capacité », explique-t-il.
La centrale dispose de quatre machines dont la puissance installée cumulée peut atteindre environ 30 mégawatts lorsque les conditions de fonctionnement sont réunies. Si l’état technique des équipements est jugé satisfaisant par la SNEL, un niveau d’eau suffisant reste indispensable pour exploiter pleinement leur capacité.
Ces contraintes s’inscrivent dans un contexte de déficit énergétique sur le réseau de distribution de l’Est de la République démocratique du Congo et contribuent aux difficultés de desserte en électricité à Bukavu, à Goma et dans leurs environs.
Les déchets ménagers, une autre menace pour la centrale
Au-delà des conditions climatiques, la SNEL déplore l’accumulation des déchets ménagers au barrage de Ruzizi I. Jetés dans les caniveaux de Bukavu, ces déchets sont entraînés vers les installations, où ils s’accumulent sur les grilles de protection. Certains atteignent même la bâche spirale et peuvent affecter le rendement des turbines.
Pour évacuer ces déchets, les équipes techniques doivent procéder au dégrillage des installations, une opération qui nécessite l’arrêt des alternateurs pendant plusieurs heures. Ces interruptions réduisent temporairement la production et compliquent davantage la distribution de l’électricité, avec un recours au délestage sur le réseau.
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La SNEL estime ainsi qu’une meilleure gestion des déchets ménagers constitue un enjeu important pour préserver les équipements hydroélectriques et maintenir leur rendement.
Cash Power et lutte contre la fraude électrique
Face à ces difficultés, l’entreprise insiste également sur la nécessité d’une consommation rationnelle de l’électricité. Elle met en avant le système de prépaiement Cash Power, présenté comme un moyen de remplacer la facturation forfaitaire, de mieux maîtriser la consommation et de limiter le gaspillage.
Selon la SNEL, ce dispositif doit aussi contribuer à prévenir les surcharges dans les cabines publiques de distribution. Celles-ci peuvent entraîner la détérioration des câbles basse tension, le déclenchement des disjoncteurs ou la fusion des fusibles.
Toutefois, la société relève plusieurs problèmes qui fragilisent le réseau, notamment les augmentations brusques de la charge électrique qu’elle associe à la fraude, l’utilisation d’appareils fortement énergivores, comme certaines plaques chauffantes, ainsi que les actes de vandalisme, dont le vol de conducteurs dans ses installations.
La SNEL estime que ces pratiques aggravent les difficultés d’un réseau déjà déficitaire et risquent de pénaliser les abonnés qui respectent les règles de consommation.
Dix points officiels pour acheter les crédits Cash Power
La société recommande aux abonnés de privilégier les appareils moins énergivores, d’utiliser l’électricité de manière responsable et de signaler les cas avérés de fraude. Elle les invite également à déclarer rapidement tout dysfonctionnement de leur compteur afin d’éviter d’éventuelles pénalités lors des contrôles.
La SNEL rappelle enfin que les crédits Cash Power doivent être achetés uniquement auprès de ses dix points de perception officiels : Nyawera, Labotte, Nguba/Frontière, Mont Kahuzi, PP Hôpital, Vamaro, Hippodrome, Industriel, Kadutu/Kiyalala et Kamanyola.
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Entre contraintes climatiques, accumulation des déchets et déficit énergétique, les défis restent nombreux pour la centrale de Ruzizi I et le réseau de distribution de l’Est du pays. Pour la SNEL, l’amélioration de la desserte dépend non seulement des conditions de production, mais aussi de la protection des installations et du comportement des consommateurs.
