Une nouvelle tragédie vient alourdir le climat sécuritaire déjà préoccupant dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Dans la soirée du dimanche 29 mars, aux environs de 19 heures, une femme a été tuée sur l’avenue Mombassa, au quartier Kilibula, en commune de Kalundu.
Selon Mapenzi Manyebwa, président de la Synergie des sociétés civiles et mouvements citoyens d’Uvira, la victime, Mawazo Jeanne, membre de la communauté musulmane locale, a été abattue par des individus non identifiés à son domicile, situé à proximité d’une mosquée du quartier.
Ce nouveau cas s’inscrit dans une série d’actes criminels qui alimentent la peur au sein de la population. En moins de deux semaines, plusieurs assassinats ont été enregistrés dans différents quartiers de la ville et ses environs.
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Le 22 mars dernier, une femme identifiée comme Fatuma Mery a été tuée par des inconnus sur l’avenue Ujuzi, dans le quartier Kakombe. Quatre jours plus tard, soit le 26 mars, un homme a été abattu par balle à Kiliba, dans le quartier Kavuge. Le 28 mars, une autre victime, Bertha, âgée de plus de 70 ans, a été assassinée au quartier Kilibula.
D’après Mapenzi Manyebwa, plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence de violences, notamment les conflits familiaux, les discours de haine, les accusations de sorcellerie, ainsi que la circulation et le port illégal d’armes à feu.
Face à cette situation alarmante, cet acteur de la société civile appelle les autorités provinciales et locales, ainsi que les services de sécurité, à renforcer les mesures pour restaurer l’ordre et lutter efficacement contre le banditisme.
« Les autorités doivent mettre en œuvre des stratégies efficaces pour limiter la circulation des armes et garantir la sécurité des personnes et de leurs biens », a-t-il déclaré.
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Il plaide également pour un renforcement de la collaboration entre les autorités municipales, les services techniques et la population, afin de prévenir de nouveaux drames et promouvoir le respect des droits humains.
« Il ne peut y avoir de sécurité durable sans restauration de l’autorité de l’État. C’est une condition essentielle pour assurer la protection des civils et le respect de la loi », insiste-t-il.
Ces violences interviennent dans un contexte plus large d’instabilité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, marqué notamment par la présence de groupes armés, dont la coalition AFC-M23, dans plusieurs zones.
Brigitte Furaha
