Des combattants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS Tshisekedi) réunis au sein du caucus du Sud-Kivu ont exigé la radiation du sénateur Modeste Bahati Lukwebo de l’Union sacrée de la Nation, l’accusant notamment d’avoir tenu une sortie médiatique « irresponsable » et d’avoir manqué de loyauté envers la plateforme politique soutenant le chef de l’État.
Dans une déclaration politique rendue publique le 14 mars 2026 à Kinshasa, ces militants du parti présidentiel affirment avoir suivi « avec consternation » l’intervention médiatique du sénateur, qui est deuxième vice-président du Sénat, président et autorité morale du regroupement politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), et membre du présidium de l’Union sacrée.
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Les signataires de la déclaration (parmi lesquels Josée Emina, Théodore Mseme, Guillaume Kalumuna,…) reprochent au sénateur de tenter, selon eux, de « se soustraire du bilan politique » à la fin de chaque législature et de chercher à « se sanctifier » afin d’obtenir de nouveaux avantages politiques.
Ils affirment également que depuis le début des tensions sécuritaires dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment face à l’offensive attribuée au Mouvement du 23 mars (M23) et à ses alliés, Modeste Bahati Lukwebo ne se serait pas publiquement exprimé pour condamner l’agression contre le pays.
Dans leur déclaration, les combattants de l’UDPS évoquent également des soupçons de collaboration économique indirecte avec les agresseurs, en lien avec des activités autour de la société Bralima au Sud-Kivu, des allégations qu’ils associent à des « révélations portées à la connaissance des services d’intelligence ».
Selon eux, la récente prise de position du sénateur sur la question du changement de la Constitution viserait à détourner l’attention de ces accusations. Ils estiment que cette démarche porterait atteinte aux efforts diplomatiques du président de la République, Félix Tshisekedi, et violerait les principes de réserve exigés des membres du présidium de l’Union sacrée.
Au regard de ce qu’ils qualifient de « gravité des faits », les combattants de l’UDPS Tshisekedi du Sud-Kivu disent prendre acte de l’auto-exclusion de Modeste Bahati Lukwebo de l’Union sacrée.
Ils formulent plusieurs exigences, notamment la radiation du sénateur de l’Union sacrée de la Nation, le rejet des excuses qu’ils qualifient d’« hypocrites » après sa sortie médiatique, sa démission du poste de deuxième vice-président du Sénat, l’ouverture d’une enquête par les services de sécurité, avec un transfert devant la justice pour « haute trahison et atteinte à la sûreté de l’État », la démission des mandataires du regroupement politique AFDC-A occupant des postes au nom de l’Union sacrée.
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Dans leur déclaration, les signataires réaffirment par ailleurs leur loyauté envers le président de la République, Félix Tshisekedi, « haute autorité de référence » de l’Union sacrée de la Nation.
Ils disent soutenir les efforts du chef de l’État pour le retour d’une paix durable et pour le développement du pays.
