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    Depuis plusieurs mois, la population du groupement d’Irambi-Katana fait face à une grave pénurie d’eau potable. Selon la société civile locale, environ 16.000 habitants sont touchés, notamment dans les localités de Kajuchu, Kabamba, Mwanda, Kabushwa, Ciranga et Cegera.

    Contacté ce jeudi 19 février 2026 par la rédaction de La Prunelle RDC, le président de la société civile d’Irambi-Katana confirme l’ampleur de la situation. Il explique que la crise s’est aggravée après le départ de l’ONG Mercy Corps, contrainte de suspendre ses activités à cause de la guerre dans l’Est de la RDC.

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    Selon lui, Mercy Corps assurait auparavant la distribution de 300 m³ d’eau potable par jour, répartis sur trois axes : 100 m³ pour Kabamba et Kajuchu, 100 m³ pour Kahungu, Kabushwa et Mwanda et 100 m³ pour Ciranga, Lwiro et Cegera.

    Trente-quatre bornes-fontaines avaient été aménagées dans la zone. Depuis l’arrêt du programme, les infrastructures ne sont plus entretenues et l’accès à l’eau est devenu critique.

    De nombreux habitants sont contraints de consommer de l’eau impropre, parfois directement puisée dans le lac, les exposant à des maladies hydriques. Les déplacements massifs de populations vers ces villages, en raison de l’insécurité, accentuent la pression sur les rares sources disponibles.

    « Nous parcourons jusqu’à 4 kilomètres »

    Modeste Bulonza Chanyungu, habitant du centre de Katana, déplore une situation devenue insoutenable.

    « La pénurie d’eau potable qui frappe plusieurs localités du groupement d’Irambi-Katana nous inquiète. La source Nyabirehe, qui alimentait autrefois une grande partie de cette région, est aujourd’hui dans un état critique. Nous sommes contraints de parcourir entre 3 et 4 kilomètres pour nous approvisionner. Ce calvaire se déroule dans un contexte d’instabilité sécuritaire croissante, exposant les habitants à de graves dangers. »

    Il alerte également sur la dégradation des infrastructures existantes et les risques sanitaires liés à la consommation d’une eau de mauvaise qualité.

    Le président de la Société Civile souligne que les femmes et les jeunes filles sont les plus vulnérables. Elles parcourent plusieurs kilomètres, parfois dès 4 heures du matin, pour chercher de l’eau, au risque d’agressions dans un contexte sécuritaire préoccupant.

    Les centres de santé de la zone sont eux-mêmes affectés par le manque d’eau, compliquant davantage la prise en charge médicale.

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    Face à cette crise, Modeste Shanyungu appelle les autorités et les partenaires humanitaires à agir rapidement. Il recommande la réhabilitation urgente de la source Nyabirehe et des autres réseaux de distribution, l’aménagement et la protection des points d’eau existants, l’installation de nouveaux points d’eau sécurisés et accessibles, l’implication communautaire dans la gestion et la protection des infrastructures hydrauliques.

    De son côté, Emery Murhula demande à Mercy Corps d’intensifier ses plaidoyers aux niveaux national et international afin de relancer les activités d’adduction d’eau potable à Katana.

    Il rappelle que certaines sources, comme Bidabanga, se sont fortement dégradées. Des habitations et même des latrines ont été construites à proximité, compromettant leur qualité. Malgré les cotisations communautaires pour tenter de réparer les installations, les moyens restent insuffisants.

    La Société Civile prévient qu’en l’absence d’une intervention rapide, la crise pourrait entraîner une détérioration grave de la santé publique dans cette partie du territoire de Kabare.

    Sylvie Bahati et Landry Barhalibirhu

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