Intervenons-nous

    À l’occasion de la Journée internationale des femmes et filles de science, célébrée chaque 11 février, des femmes et jeunes filles engagées dans les domaines scientifiques à Bukavu dénoncent les nombreux obstacles qui entravent l’accès et la réussite des filles dans les filières scientifiques, technologiques et techniques. Parmi les principaux défis évoqués figurent les stéréotypes de genre, la pression sociale et le manque de confiance en soi.

    Selon Christelle Kajuru, licenciée en mathématiques et enseignante, les préjugés sociaux restent l’un des freins majeurs à l’épanouissement des femmes dans les sciences. Elle témoigne des difficultés rencontrées depuis ses débuts en 2017.

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    « Quand j’ai commencé, il y avait toujours des rumeurs : est-ce que tu vas t’en sortir ? Des femmes dans ce domaine, ce n’est pas facile. Je n’ai pas fait les scientifiques à l’école secondaire, et même mes enseignants et collègues me disaient qu’une nutritionniste en mathématiques, c’est compliqué. Mais je suis déterminée », explique-t-elle.

    Au-delà des stéréotypes, Christelle Kajuru évoque également le manque de confiance en soi chez de nombreuses jeunes filles, souvent conditionnées à croire que les filières scientifiques sont trop difficiles pour elles.

    « Les filles se mettent en tête que les sections techniques sont trop compliquées. Elles pensent qu’elles ne peuvent pas aller dans certains domaines parce qu’il y a beaucoup de mathématiques ou de physique. Elles se dévalorisent lorsqu’il s’agit des sections scientifiques ou techniques », souligne-t-elle.

    Pour faire face à cette situation, elle propose la mise en place de clubs de mathématiques et de “génies en herbe” dès l’éducation de base, afin de familiariser les filles très tôt avec les sciences et de renforcer leur confiance.

    De son côté, Fortunée Iragi, jeune diplômée en électricité industrielle, estime que la valorisation des parcours féminins dans les sciences est essentielle pour inspirer d’autres filles.

    « Il faut mettre en valeur les jeunes filles qui se distinguent dans ces domaines afin d’encourager les autres à s’orienter vers les filières techniques et scientifiques. Il faut aussi enlever les stéréotypes dès le bas âge et laisser les filles faire leurs choix sans les comparer aux hommes », plaide-t-elle.

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    À travers leurs témoignages, ces femmes de science lancent un appel à toutes les filles qui hésitent encore à embrasser des carrières scientifiques, les invitant à croire en leurs capacités et à dépasser les barrières sociales qui limitent leur potentiel.

    Esther Rehema

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