Au moins 62 civils ont été tués par les rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) au cours du mois de janvier 2026 dans les territoires de Beni et Lubero, en province du Nord-Kivu, selon les statistiques publiées par la coordination provinciale de la Société Civile.
Ces chiffres ont été rendus publics à l’issue d’une réunion tenue mardi à Beni, réunissant les représentants des sociétés civiles des villes de Beni, Butembo et Goma, ainsi que ceux des territoires de Beni, Lubero, Masisi, Rutshuru, Nyiragongo et Walikale. La société civile indique que ces attaques répétées ont également entraîné l’incendie de près de 80 maisons et engins roulants en l’espace d’un seul mois.
D’après la même source, la majorité des victimes ont été enregistrées dans le territoire de Lubero, avec plus de cinquante morts, contre une dizaine à Beni. Le bilan détaillé présenté fait état de 52 personnes assassinées à Lubero et 10 à Beni depuis le début de l’année 2026.
« Rien qu’à partir du début de l’année 2026, nous avons enregistré en territoire de Lubero plus de cinquante-deux personnes assassinées et dix personnes en territoire de Beni. Un poste de santé, vingt-trois motos, soixante-sept boutiques, dix maisons d’habitation ainsi que le barza du chef de localité ont été incendiés », a déclaré John Banyene, coordonnateur provincial de la Société Civile du Nord-Kivu, en lisant la déclaration officielle.
Face à cette situation, les forces vives du Nord-Kivu ont unanimement dénoncé la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’ensemble de la province et interpellé le gouvernement central. Elles recommandent notamment le renforcement en effectifs et en munitions des Forces armées de la RDC (FARDC) afin de faire face plus efficacement à la menace des ADF.
La Société Civile appelle également à une réévaluation des opérations conjointes FARDC–UPDF.
« Nous demandons au gouvernement central de s’assumer comme un État souverain en renforçant les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, d’impliquer les élus et les acteurs de la société civile dans le processus de paix, d’assurer l’applicabilité de la loi sur la réserve armée de la défense et de renforcer la prise en charge des volontaires pour la défense de la patrie. Il est aussi nécessaire d’évaluer les opérations conjointes FARDC-UPDF en vue de la traque définitive des ADF », précise la déclaration.
Selon la coordination provinciale de la société civile, ces attaques répétitives ont provoqué un déplacement massif des populations, aggravant la crise humanitaire dans plusieurs zones affectées. Les forces vives plaident pour une assistance humanitaire urgente en faveur des familles déplacées.

