La signature, ce 2 février à Doha (Qatar), du mandat encadrant le Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu entre le Gouvernement congolais et l’AFC-M23 suscite un large écho auprès des acteurs sociaux de l’Est de la RDC, qui y voient un pas important vers la paix.
Contactés par La Prunelle RDC, plusieurs acteurs sociaux estiment que ce mécanisme constitue un outil crucial pour éviter la violence et restaurer la sécurité dans les territoires affectés par le conflit.
« C’est un petit pas, mais une petite victoire. Il ne suffit pas d’un seul cessez-le-feu pour tester la volonté du M23 et de Kinshasa, mais le fait qu’il y en ait plusieurs est positif », souligne Jean Moreau Tubibu. Il insiste sur la nécessité d’un troisième acteur neutre pour assurer la surveillance des deux parties et rendre le mécanisme crédible.
Pour la population locale, ce mandat représente un espoir concret : le retour des familles déplacées, la reprise des activités agricoles et la reconstruction des biens perdus.
« Ce nouveau mécanisme donne espoir à nous, population qui souffrons, avons perdu nos proches et nos biens, et dont certains membres vivent en exil sous des conditions difficiles », ajoute-t-il.
Pour Jean Bosco Muhemeri, le mandat comporte deux aspects essentiels :
- Il pourrait offrir un sursis politique à l’AFC-M23, dont certaines activités seraient coordonnées avec des intérêts étrangers, selon des révélations récentes.
- Le retour de la MONUSCO à Uvira est salué comme une mesure susceptible de prévenir les violences identitaires ou politiques et d’assurer un suivi efficace des incidents.
Il souligne toutefois que le Gouvernement congolais peine à définir une véritable stratégie vers la paix et le développement, et qu’il doit désormais prendre des décisions décisives face aux intérêts extérieurs qui influencent le processus de négociation.
Solange Lwashiga met en garde contre la tentation de considérer la signature comme une victoire définitive.
« Ni le Gouvernement congolais ni l’AFC-M23 n’ont respecté pleinement les cessez-le-feu précédents, avec des violations massives des droits humains. La paix est un droit pour tous les citoyens et ce mandat doit être un véritable outil pour transformer la signature en réalité. »
Pour elle, cette étape pourrait impacter positivement le processus de paix à condition que les engagements des parties soient réellement mis en œuvre et que la population de l’Est retrouve sécurité et stabilité.

