L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC-M23) affirme que de « graves violences systématiques et ciblées » sont en cours contre les populations civiles banyamulenge dans la région de Minembwe et sur l’ensemble des Hauts Plateaux du Sud-Kivu, à la suite du retrait de ses forces de la ville d’Uvira. Dans un communiqué publié ce lundi à Goma, le mouvement rebelle accuse les forces gouvernementales congolaises et leurs alliés de conduire une campagne de bombardements, de massacres et de destruction d’infrastructures civiles.
Selon l’AFC-M23, le retrait de ses combattants d’Uvira aurait été suivi d’une « militarisation intensive » des Hauts Plateaux, marquée par le déploiement massif de troupes et d’armes lourdes, ainsi que l’installation de quartiers généraux des forces dites coalisées du régime de Kinshasa. Le mouvement cite notamment les FARDC, les FDLR, des groupes Maï-Maï Wazalendo, des mercenaires étrangers et des éléments de la Force de défense nationale du Burundi, qu’il accuse de mener des opérations visant l’« épuration ethnique » des Banyamulenge.
Le groupe rebelle affirme que plusieurs villages densément peuplés sont, depuis la semaine dernière, la cible d’attaques répétées, caractérisées par des bombardements aériens utilisant des drones armés et des avions de chasse de type Sukhoi-25. Il soutient que ces frappes ont touché des habitations, des églises et des écoles, provoquant des pertes civiles, notamment parmi les femmes et les enfants.
Dans son communiqué, l’AFC-M23 indique qu’un blocus total aurait été imposé autour de Minembwe, empêchant la circulation des personnes et des biens, tandis que des destructions systématiques d’infrastructures civiles seraient en cours. Le mouvement assure que les attaques se poursuivaient encore ce 2 février.
Le bilan humain et matériel de ces violences n’est pas disponible, selon l’AFC-M23, en raison de la coupure de l’accès à Internet et des déplacements massifs de populations civiles qui se seraient réfugiées dans les forêts environnantes pour échapper aux combats.
Le mouvement affirme que ces événements s’inscrivent dans une série d’attaques antérieures menées depuis le 22 janvier 2026 dans plusieurs localités, dont Mukoko, Gakenke, Point Zéro, Rugezi et Biziba, ainsi que contre Kundondo, Mitamba et Kirungwa. Il indique que les violences se seraient poursuivies sans interruption jusqu’au matin du 2 février.
L’AFC-M23 évoque également une concentration accrue de forces gouvernementales et alliées dans et autour de Rwitsankuku, Point Zéro, Mulima Kananda, Fizi et Baraka, présentés comme des bases opérationnelles servant à planifier et exécuter des attaques contre les civils des Hauts Plateaux. Il affirme que des unités spéciales burundaises et congolaises y seraient déployées et que des drones de combat et des engins explosifs seraient utilisés dans des zones densément peuplées.
Le mouvement fournit des chiffres concernant l’utilisation des drones, affirmant que six auraient été déployés le 29 janvier, cinq le 30 janvier, douze le 31 janvier et huit le 1er février 2026.
Dans sa déclaration, l’AFC-M23 estime que ces développements résultent du non-respect du cessez-le-feu par les autorités de Kinshasa, pourtant conclu dans le cadre des pourparlers en cours à Doha. Il affirme que la nature, l’ampleur et la répétition des violences constitueraient une « menace réelle et imminente de génocide » contre la communauté banyamulenge.
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Le mouvement appelle enfin les partenaires internationaux à intervenir « sans délai » pour faire cesser les attaques, obtenir le retrait des forces déployées autour de Minembwe et garantir, selon ses termes, une protection « effective, durable et crédible » des populations civiles des Hauts Plateaux du Sud-Kivu.

