Intervenons-nous

Alors que les conflits armés continuent de priver des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation dans l’Est de la République démocratique du Congo, la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a lancé un message fort aux parties en conflit : l’école ne doit jamais devenir une victime de la guerre.

S’exprimant ce mercredi 28 janvier 2026 lors du lancement officiel de l’Aperçu des besoins humanitaires et du Plan de réponse humanitaire 2026, à l’Hôtel du Gouvernement à Kinshasa, un événement organisé par le ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale en partenariat avec OCHA, la ministre a insisté sur la nécessité de sanctuariser l’éducation.

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« L’éducation ne doit pas être un dommage collatéral des conflits. L’école doit être un lieu où chaque élève, fille ou garçon, chaque enseignant et enseignante, chaque agent de l’administration scolaire peut se sentir en sécurité et trouver un espace de reconstruction », a-t-elle déclaré.

Pour Raïssa Malu, la protection de l’école est une responsabilité partagée entre l’État congolais et ses partenaires techniques et financiers. Elle a appelé à maintenir le système éducatif à l’écart des affrontements armés, afin de garantir la continuité de l’apprentissage, même en situation de crise.

La ministre a également rappelé la publication récente de la Stratégie nationale de l’Éducation en situations d’urgence 2025–2030, qui constitue désormais le cadre de référence des interventions éducatives en contexte humanitaire.

« Avec cette stratégie, nous devons mettre en place des mécanismes qui garantissent la continuité de l’éducation, que ce soit en période de crise humanitaire, sanitaire, sécuritaire ou climatique », a-t-elle souligné.

Elle a exhorté l’ensemble des administrations publiques, ainsi que les partenaires techniques et financiers, à aligner leurs programmes, investissements et actions sur ce cadre stratégique, y compris dans les sous-secteurs de l’éducation et de la formation.

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Cette prise de parole intervient alors que Goma et Bukavu sont sous contrôle de la coalition rebelle AFC-M23, après plusieurs mois de combats intenses. Les violences ont profondément perturbé la scolarité de milliers d’enfants, contraints à l’exode, à l’abandon des classes ou à la fermeture de leurs écoles.

Dans ce contexte, l’appel de Raïssa Malu sonne comme un avertissement clair : ni les écoles, ni les enseignants, ni les élèves ne doivent être pris pour cibles.

Séraphin Mapenzi

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