Intervenons-nous

L’Alliance Fleuve Congo–Mouvement du 23 mars (AFC-M23) a affirmé qu’elle ne quittera aucune des entités qu’elle contrôle, dans une mise au point publiée ce lundi à Goma, alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) l’accusent de mener une stratégie de retraits suivis de pillages et de destructions, notamment à Uvira, et de préparer des actions similaires à Goma et Bukavu.

Dans sa déclaration, l’AFC-M23 soutient que les territoires placés sous son administration restent stables, avec des activités économiques en cours, des écoles fonctionnelles, un approvisionnement continu en eau et en électricité et des prix alimentaires en baisse grâce à la production agricole. Le mouvement affirme qu’il n’autorisera aucune tentative de perturbation de cette situation, y compris de la part du gouvernement de Kinshasa.

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« L’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC-M23) ne quittera aucune entité des territoires libérés.  Les zones placées sous son administration connaissent une paix effective et durable. Les populations y mènent librement leurs activités 24 heures sur 24, les services publics de qualité ont été rétablis, l’économie locale se stabilise, portée notamment par une surproduction agricole qui entraîne une baisse significative des prix des denrées alimentaires sur les marchés.  Les écoles fonctionnent normalement, l’approvisionnement en eau potable et en électricité est assuré en continu, sans interruption, et les conditions de vie des populations ne cessent de s’améliorer ».

Cette position intervient après le communiqué des FARDC du 23 janvier 2026, dans lequel l’armée congolaise alertait sur des manœuvres de l’armée rwandaise et de la coalition AFC-M23 visant à semer l’insécurité après leur retrait de zones qu’ils occupaient, citant notamment Uvira et évoquant Goma et Bukavu comme prochaines cibles.

L’AFC-M23 affirme que son Unité d’Observation et de Monitoring a quitté Uvira le 17 janvier 2026 en plein jour, volontairement, en présence de la population et de la presse nationale et internationale, et que ce retrait a été diffusé en direct sur Internet. Selon le mouvement, aucune infrastructure publique ou privée n’a été détruite, y compris les églises, les habitations et les commerces, notamment ceux appartenant aux Banyamulenge.

Les FARDC, dans leur communiqué antérieur, affirment au contraire que la veille du départ de l’AFC-M23 d’Uvira, la ville aurait été laissée à la merci de bandes de pillards, à la suite d’une réunion tenue le 17 janvier impliquant les Forces de défense du Rwanda, l’AFC-M23, Twirwaneho et Red Tabara, au cours de laquelle il aurait été décidé de détruire des infrastructures étatiques et privées, d’emporter du matériel de l’État et d’instrumentaliser certaines communautés locales du Sud-Kivu.

Les FARDC ont également rejeté des accusations de maltraitance contre certaines communautés, notamment les Banyamulenge, qualifiées de désinformation. L’armée congolaise affirme qu’à la reprise d’Uvira, elle a déployé des dispositifs de protection pour toutes les communautés, y compris celles que les groupes armés auraient tenté d’instrumentaliser.

« Un mensonge éhonté, conçu dans les officines de l’armée rwandaise, attribuant faussement aux Forces de défense et de sécurité de la République Démocratique du Congo, la maltraitance d’une des communautés de la province, a été relayé par la presse de l’occupation. Cependant, plusieurs médias indépendants locaux ont rapporté qu’à la reprise de la ville d’Uvira, les Forces Armées de la République du Congo y ont déployé des dispositifs de sécurité et de protection, en faveur de toutes les communautés, y compris celle des Banyamulenge qui a refusé d’être instrumentalisée par l’armée rwandaise et les rebelles de la coalition AFC-M23, Twirwaneho et Red Tabara, préférant rester à Uvira. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, respectueuses des résolutions et engagements relatifs au Droit de l’homme et au Droit de la guerre ne tolèreront pas que des actes de génocide soient planifiés et exécutés sur le sol congolais », disaient les FARDC.

De son côté, l’AFC-M23 affirme que les populations sous son contrôle vivent sans persécutions, et accuse plutôt les forces gouvernementales déployées après son retrait d’être à l’origine de violations des droits humains, de la montée des discours de haine, de chasses à l’homme et de bombardements dans des zones densément peuplées, ayant provoqué des pertes humaines et des déplacements de civils.

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L’AFC-M23 affirme également que l’accès à Internet a été coupé à Uvira et dans ses environs après l’entrée des forces gouvernementales, ce qui, selon lui, vise à empêcher la diffusion d’informations sur la situation sécuritaire et humanitaire. Il dénonce en outre des violations répétées du cessez-le-feu et l’usage de mercenaires étrangers par le gouvernement congolais.

Les FARDC, pour leur part, affirment être attachées au respect du droit international humanitaire, tout en réaffirmant leur engagement à défendre l’intégrité du territoire national et à protéger toutes les communautés, déclarant qu’elles ne toléreront aucun projet d’actes de génocide sur le sol congolais.

Jean-Luc M.

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