Intervenons-nous

La Banque centrale du Congo (BCC) a procédé, le jeudi 8 janvier 2026, à la vente de 50 millions de dollars américains aux banques commerciales, au taux de change de 2 040 francs congolais pour un dollar, dans le but de répondre aux besoins de liquidités en devises du système bancaire.

Dans un communiqué rendu public et parvenu à la rédaction de La Prunelle RDC ce lundi 12 janvier, la BCC précise que cette opération vise à faire face à la hausse de la demande en devises observée après les festivités de fin d’année 2025, notamment pour les transactions commerciales et financières.

Lire aussi : RDC : la BCC poursuit l’assouplissement de sa politique monétaire et abaisse son taux directeur à 15 %

La Banque centrale souligne que le niveau actuel de ses réserves internationales lui confère une capacité suffisante pour mener des interventions régulières et soutenues sur le marché des changes. Ces réserves permettent également d’assurer une couverture significative des importations de biens et services, selon la même source.

Cependant, les analyses divergent quant aux effets de cette injection de devises. Eric Chokola, expert en économie et en gestion financière, estime que cette décision pourrait avoir des répercussions négatives sur le taux de change, en affaiblissant la monnaie nationale face aux devises étrangères. Selon lui, le soutien aux exportations et le frein aux importations pourraient entraîner une hausse des prix des biens et services sur le marché intérieur.

Sur le plan macroéconomique, l’expert indique que cette opération pourrait réduire la valeur des devises sur le marché, avec des conséquences directes sur les activités commerciales, notamment pour les opérateurs économiques qui effectuent leurs transactions en dollars américains.

Par ailleurs, Éric Chokola relève que cette vente de devises intervient dans un contexte particulier, marqué par le non-fonctionnement des banques dans certaines zones occupées ou coupées du reste du territoire national. Il estime toutefois que l’opération pourrait contribuer à la valorisation du franc congolais à travers le marché de change informel.

« Avec les cambistes qui achètent les dollars dans les pays voisins et viennent effectuer le change en République démocratique du Congo, les francs congolais deviennent plus utilisés », explique-t-il.

Selon lui, cette injection de dollars pourrait mettre fin à la dépréciation du franc congolais, contribuer à sa stabilisation et freiner sa chute, particulièrement dans les zones non occupées. Il met néanmoins en garde contre les risques d’inflation et de perte du pouvoir d’achat.

Lire aussi : Banque Centrale du Congo : la BCC dément les rumeurs sur une baisse des recettes liée à l’appréciation du franc congolais

Pour une stabilisation durable du taux de change, Eric Chokola recommande une gestion rationnelle des réserves de change au sein des banques commerciales, afin de maîtriser l’inflation et de soutenir la monnaie nationale, évitant ainsi tout déséquilibre sur le marché monétaire congolais.

Enfin, la Banque centrale du Congo annonce qu’elle interviendra de nouveau sur le marché des changes ce lundi 12 janvier 2026 par une nouvelle vente de devises. Elle invite les opérateurs économiques et le public à poursuivre leurs transactions dans un climat de confiance, en privilégiant les circuits bancaires formels, conformément au cadre réglementaire en vigueur.

Brigitte Furaha

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.