Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a lancé un ultimatum de 30 jours au gouvernement, aux régulateurs et aux opérateurs de télécommunications afin de mettre fin aux perturbations récurrentes des services de téléphonie et d’internet, qui paralysent l’économie et la vie sociale du pays. Cette décision a été prise lors du Conseil des ministres tenu le 9 janvier, selon le compte-rendu de sa 74ᵉ réunion.
Le Chef de l’État a exprimé son vif mécontentement face à la dégradation persistante des services numériques. Ayant lui-même été confronté à ces dysfonctionnements, il a relayé de nombreuses plaintes émanant de toutes les couches de la population. Téléphonie mobile, internet, transactions bancaires et télédiffusion numérique sont affectés par ce que de nombreux usagers qualifient désormais de véritable « fléau ».
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Pour Félix Tshisekedi, ces défaillances dépassent le simple cadre technique. Elles constituent une menace directe pour la souveraineté de l’État et un frein sérieux à la compétitivité économique du pays. Les coupures et ralentissements répétés perturbent les transactions commerciales, entravent l’activité économique et compromettent la continuité de l’action publique sur l’ensemble du territoire national.
Face à ce constat jugé alarmant, la Présidence affirme que l’ère de la complaisance est révolue. Le Chef de l’État a instruit les ministres en charge des Postes et Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Communication, ainsi que l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), d’agir sans délai.
Le Président exige des opérateurs qu’ils se conforment immédiatement aux standards de qualité et aux obligations légales en vigueur. Il a ordonné la mise en place d’une surveillance permanente de la qualité des réseaux et réclamé l’application « sans faiblesse » des sanctions prévues par la loi contre tout opérateur défaillant.
Cette sortie du Chef de l’État intervient dans un contexte de forte exaspération citoyenne. Comme l’a rappelé le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, la connectivité est devenue un pilier essentiel du quotidien des Congolais, et son instabilité affecte aussi bien l’économie informelle que les secteurs formels.
Un rapport circonstancié d’exécution est attendu dans un délai de 30 jours. Ce document devra présenter les constats techniques, les sanctions appliquées et, surtout, les actions structurelles envisagées pour garantir une amélioration durable, mesurable et vérifiable des services numériques. En RDC, le secteur du numérique est désormais sommé d’entrer dans l’ère de la fiabilité.

