À Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, la population exprime une impatience croissante. Un mois après le retrait de l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC-M23), les armes se sont tues, mais la frontière avec le Burundi demeure fermée, paralysant l’économie locale et séparant de nombreuses familles.

    Les marchandises en provenance de Bujumbura ne franchissent plus la frontière, bloquant les échanges commerciaux dont dépend une grande partie des habitants d’Uvira.

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    Plusieurs résidents dénoncent une flambée des prix des denrées alimentaires importées du Burundi, notamment les épices, la farine, l’huile et d’autres produits de première nécessité.

    « Les poireaux que nous achetions autrefois à 100 FC coûtent maintenant 500 FC. Les poivrons sont passés de 300 FC à 1.000 FC. L’eau minérale qui coûtait 5.000 FC est aujourd’hui vendue à 10.000 FC. Les tissus vestimentaires sont également devenus chers : un mètre qui coûtait 10.000 FC revient désormais à 15.000 FC. Même nous habiller et nourrir nos familles devient compliqué », confie une habitante d’Uvira.

    Elle souligne également que les tomates en provenance de Bukavu ne sont ni suffisantes pour approvisionner toute la population, ni de bonne qualité.

    La fermeture de la frontière a également des conséquences sanitaires. De nombreux habitants avaient l’habitude de se faire soigner au Burundi. « Avec la fermeture de la frontière, cela devient impossible », déplore la même source.

    Au-delà des difficultés économiques, la situation a un impact humain important. Plusieurs habitants affirment que des proches ayant fui les affrontements vers le Burundi lors de l’arrivée des rebelles restent bloqués de l’autre côté de la frontière.

    Des enfants ne fréquentent plus l’école, des jeunes sont sans emploi et plusieurs parents se retrouvent au chômage depuis la suspension des activités commerciales transfrontalières.

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    Du côté burundais, le ministre des Affaires étrangères affirme que les conditions sécuritaires ne sont pas encore réunies pour rouvrir la frontière.

    Cependant, la population d’Uvira insiste pour une réouverture dans les plus brefs délais afin de relancer l’économie et réunir les familles.

    Entre exigences sécuritaires et urgence humanitaire, la décision dépasse désormais le cadre local. En attendant, les habitants continuent de faire entendre leur voix, espérant que le retour au calme militaire s’accompagnera bientôt de la reprise des échanges commerciaux.

    Ségolène Iranga

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