La crise sécuritaire mondiale affecte profondément l’enfance. Selon l’UNICEF, plus de 500 millions d’enfants vivent actuellement dans des pays en guerre ou dans des contextes marqués par des violences armées, soit près d’un enfant sur cinq dans le monde.
Lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité des Nations Unies dans le cadre de la formule Arria pour la Journée de la Main Rouge 2026, la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, a indiqué que des dizaines de milliers d’enfants sont tués ou blessés chaque année dans les conflits armés.
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Elle a également rappelé que depuis l’adoption de la United Nations Security Council Resolution 1612 (2005), plus de 14 000 attaques contre des écoles et plus de 3 000 cas d’utilisation militaire d’établissements scolaires ont été recensés, soit environ deux attaques par jour sur deux décennies. Plus de la moitié de ces violations ont été enregistrées au cours des dix dernières années.
Catherine Russell souligne que les conflits armés aggravent la malnutrition infantile et compromettent l’accès à l’éducation. Elle a notamment cité plusieurs zones de crise où les infrastructures scolaires ont été gravement touchées :
- Dans la bande de Gaza, environ 97 % des écoles auraient été endommagées ou détruites depuis 2023, selon les données évoquées par l’organisation.
- En Democratic Republic of the Congo, au Myanmar et en Ukraine, plusieurs écoles ont été attaquées, pillées ou bombardées.
Selon l’UNICEF, lorsque les écoles sont détruites ou militarisées, les enfants perdent non seulement l’accès à l’apprentissage, mais aussi des espaces de protection sociale, des services de santé scolaire et un soutien psychologique essentiel.
L’agence onusienne met également en garde contre l’exposition accrue des enfants non scolarisés à l’exploitation, au travail forcé, au mariage précoce, à la traite humaine et au recrutement par des groupes armés.
Lorsque des acteurs armés utilisent des écoles comme bases militaires ou dépôts d’armes, le risque d’enrôlement d’enfants augmente considérablement.
L’UNICEF appelle les États membres à respecter le droit international humanitaire et à soutenir la Safe Schools Declaration, un engagement visant à protéger les apprenants, les enseignants et les infrastructures éducatives contre les attaques.
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L’organisation exhorte les gouvernements à adopter des politiques renforçant la protection des écoles et à garantir la responsabilité juridique en cas de violations graves des droits humains.
Face à l’intensification des conflits dans le monde, la protection de l’enfance demeure un défi humanitaire majeur pour la communauté internationale.

