La demande de reconnaissance du territoire de Bunyakiri, portée par la communauté Batembo et relayée par le député national Didier Kitumaini, a suscité une réaction vive des étudiants ressortissants de Kalehe (CEREKA), réaffirmant l’unité du territoire face à ce qu’ils qualifient de manœuvres séparatistes.

    Dans une note technique datée du 6 novembre 2025, la communauté Batembo à Kinshasa plaide pour l’érection du territoire de Bunyakiri, fondée sur des études validées par le gouvernement central en 1991. Selon le document, la proposition est conforme sur le plan administratif, démographique, géographique et socio-culturel.

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    Le territoire revendiqué comprend la Chefferie de Buloho : 8 groupements à 100 % Batembo, la Chefferie de Buhavu : 4 groupements Batembo (Mubuku, Kalima, Ziralo et Kalonge).

    La population totale des 12 groupements est estimée à 1.481.528 habitants. La zone montagneuse, jugée difficile à administrer depuis Kalehe, justifierait, selon ce député et les signataires, un siège administratif local pour la stabilité. Les arguments avancés incluent également l’unité linguistique et culturelle des Batembo et leur engagement patriotique aux côtés de l’État congolais.

    La note technique, cosignée par Didier Kitumaini et plusieurs représentants des Batembo à Kinshasa, suggère l’intervention directe du Président de la République pour obtenir une ordonnance présidentielle reconnaissant Bunyakiri comme territoire à part entière. Plusieurs documents justificatifs sont annexés, dont une étude technique de 1991 et une lettre officielle de 2017 (N CAB/ME/MIN.DRI/ARM/BK/LLA/238/2017).

    Le 24 mars 2026, la Communauté des Étudiants Ressortissants de Kalehe (CEREKA) a publié une déclaration dénonçant « avec la plus grande fermeté » ce qu’elle qualifie de manœuvre séparatiste. Selon la CEREKA, ces initiatives s’inscrivent dans la continuité d’anciennes tentatives, notamment sous l’influence du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) pendant la guerre.

    Les étudiants estiment que la résurgence de ces discours profite de la fragilité sécuritaire actuelle dans le Sud-Kivu et sert des « agendas inavoués ». Ils mettent en garde contre toute tentative de division.

    « Aucune ambition politique ou communautaire ne saurait justifier la remise en cause de l’unité de Kalehe. Toute tentative imposée dans un contexte de fragilité sera considérée comme une provocation grave. » affirment-ils.

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    La CEREKA dit réaffirmer également sa loyauté envers le Mwami Kamirogosa III Shosho Ntale Franck, Grand Chef coutumier de la chefferie de Buhavu, dont le leadership est présenté comme un modèle de responsabilité et de cohésion sociale. L’organisation appelle la population, la jeunesse et les leaders d’opinion à rejeter toute manipulation et à préserver l’unité du territoire.

    Jean-Luc M.

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