Intervenons-nous

À l’occasion de la Journée mondiale des orphelins de guerre, célébrée le mardi 6 janvier, la situation des enfants orphelins dans plusieurs territoires du Sud-Kivu suscite une vive inquiétude. Entre malnutrition, abandon scolaire et absence d’assistance humanitaire, ces enfants demeurent parmi les populations les plus vulnérables, dans un contexte d’escalade des conflits armés.

Selon les alertes lancées par plusieurs organisations locales, notamment l’Initiative pour le Progrès du Congo (IPECO), de nombreux orphelins souffrent de malnutrition sévère dans plusieurs villages du territoire de Kalehe, notamment à Ramba, Mwinga, Kachiri, Karasi et Tchikoma, dans le groupement de Mubuku, zone de santé de Bunyakiri.

Lire aussi : Journée mondiale des orphelins de guerre : 64 enfants pris en charge et 41 réinsérés dans des familles d’accueil à Bukavu (CROFEM)

Ces enfants, souvent déplacés, vivent sans accès suffisant à la nourriture, aux soins de santé ni à un abri adéquat.

A Ramba et dans plusieurs groupements de Bunyakiri, les enfants orphelins et déplacés font face à une malnutrition aiguë sévère, souvent aggravée par les intempéries et l’absence de soins médicaux.

« Plusieurs enfants passent la nuit à la belle étoile. Les structures sanitaires locales sont incapables de les prendre en charge. Cette situation a déjà entraîné des maladies et des décès », alerte Ajuakali Fraternelle, coordonnateur de l’ASBL Union pour le Progrès du Congo, appelant l’UNICEF et d’autres ONG à intervenir immédiatement.

Dans la ville de Bukavu, l’orphelinat COFREM, situé dans la commune de Bagira, fait face à une situation alarmante. Depuis février 2025, le centre a accueilli plus de 150 nouveaux enfants orphelins fuyant les violences armées dans différents territoires du Sud-Kivu. Une charge devenue difficile à supporter pour cette structure déjà fragilisée.

« La prise en charge des enfants est devenue extrêmement compliquée. Nous manquons de nourriture, de médicaments et de moyens financiers. Beaucoup d’enfants en âge scolaire ont dû abandonner l’école faute de frais », déplore le pasteur Jérémy, responsable de COFREM.

Il rappelle que, juridiquement, l’État a la responsabilité de garantir les droits fondamentaux de l’enfant : alimentation, éducation, soins de santé, habillement et protection juridique. Il appelle également les organisations humanitaires nationales et internationales, dont l’UNICEF, à intervenir d’urgence.

Lire aussi : JM des orphelins de guerre : un survivant témoigne de son vécu

Dans le territoire de Kabare, la situation n’est guère meilleure. De nombreux enfants orphelins vivent au sein de familles déplacées ou dans des orphelinats surpeuplés, sans moyens de subsistance. Leur quotidien est marqué par la faim, le manque de vêtements, l’absence de scolarité et une grande insécurité sociale.

« Nous avons besoin de tout : nourriture, habits, école, formations professionnelles. Nous souffrons parce que nous n’avons personne pour nous aider », témoigne Jolina, orpheline de père et de mère.

Ces enfants lancent un appel pressant aux organisations humanitaires pour leur permettre de poursuivre leur éducation et d’acquérir des compétences, afin de pouvoir se prendre en charge à l’avenir.

La situation des orphelins au Sud-Kivu reste profondément préoccupante. Dans un contexte de conflits armés persistants, ces enfants continuent de payer le lourd tribut d’une crise humanitaire aggravée par le manque d’assistance.

Face à cette urgence, l’État congolais, les acteurs humanitaires et les personnes de bonne volonté sont appelés à agir sans délai pour garantir la survie, la dignité et l’avenir de ces enfants, victimes silencieuses de la guerre.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », un projet du consortium RATECO et REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de LaBénévolencia.

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.