La situation des droits humains reste préoccupante dans les territoires de Shabunda et de Fizi ainsi que dans la ville de Baraka au Sud-Kivu, où 145 cas de violations graves ont été enregistrés au cours du mois de mars 2026.

C’est ce que révèle le dernier rapport de monitoring publié le 1er avril 2026 par le Bloc Citoyen Amani (BCA). Selon ce document, 85 cas (59 %) ont été documentés à Shabunda, contre 60 cas (41 %) dans le territoire de Fizi et Baraka.

Parmi les violations recensées, 33 cas concernent l’utilisation d’enfants par des groupes armés, notamment les Wazalendo. Ces enfants sont exposés à des risques graves, notamment la participation directe aux hostilités, des violences physiques et psychologiques, ainsi que la privation de leurs droits fondamentaux.

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Le BCA qualifie cette pratique de « violation grave du droit international humanitaire » et appelle à une réponse urgente des autorités et des acteurs concernés.

Le rapport met en évidence une recrudescence d’incidents graves dans le territoire de Shabunda.

Le 22 mars, des échanges de tirs ont éclaté lors d’une tentative de libération de détenus impliquant un député provincial. Le lendemain, un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a été tué par un élément Wazalendo à Tusangana.

Le 26 mars, une femme enceinte a été grièvement blessée par balle, attribuée à un militaire de l’armée régulière. Trois jours plus tard, le 29 mars, des affrontements au centre de Shabunda ont causé la mort d’un enfant de 9 ans ainsi que de trois combattants Wazalendo.

Dans le territoire de Fizi et la ville de Baraka, la situation reste dominée par des actes de criminalité armée.

Le 25 mars, un civil a été tué par un élément des FARDC à Baraka. Le 28 mars, une embuscade à Makobola (Fizi) a donné lieu à des actes de torture et de pillage visant des civils par des hommes armés non identifiés.

Le 30 mars, un nouvel échange de tirs à Baraka a entraîné la mort d’un civil et fait deux blessés.

Ces violences ont un impact direct sur les populations civiles, perturbant les activités économiques et installant un climat de peur généralisé dans la région.

Le rapport souligne que les affrontements armés constituent la deuxième cause majeure de victimes civiles dans ces zones.

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Face à cette situation, le Bloc Citoyen Amani appelle les autorités congolaises à mettre fin au recrutement d’enfants, renforcer les mécanismes de protection et poursuivre les auteurs de violations ;

Il appelle les groupes armés à libérer immédiatement tous les enfants enrôlés, aux partenaires humanitaires d’intensifier les programmes de protection et de réintégration. Le Bloc Citoyen appelle enfin les communautés locales à signaler les cas de recrutement et à promouvoir les mécanismes de protection.

Edith Kazamwali

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