Intervenons-nous

Des organisations de la Société Civile du Sud-Kivu, réunies au sein de la Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle (CCJT), ont exprimé leur vive indignation face à la détérioration de leur collaboration avec le Fonds National pour la Réparation des Victimes des Violences Sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).

Dans une déclaration rendue publique à Bukavu, ces organisations estiment que depuis l’installation du FONAREV dans la province, les relations de partenariat censées soutenir la prise en charge des victimes se sont progressivement dégradées, au détriment de l’efficacité des mécanismes de réparation et d’accompagnement.

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Les signataires rappellent que depuis la création du FONAREV par la loi n°22/065 du 26 décembre 2022, l’institution a multiplié des activités tant à Kinshasa qu’en provinces, notamment au Sud-Kivu. Toutefois, les organisations de la société civile et celles des victimes auraient été régulièrement conviées sans être impliquées dans la planification.

Selon la CCJT, cette pratique a conduit le FONAREV à se substituer progressivement aux organisations locales dans l’accompagnement des victimes, alors que ces structures travaillent depuis plusieurs années à leur identification, leur encadrement et leur structuration.

Les organisations dénoncent également l’absence de suites données au processus d’identification et de géolocalisation mené par les agents du FONAREV dans leurs bureaux en 2023, dans le cadre de la constitution de la base de données de l’écosystème provincial des acteurs de la réparation.

Ce processus devait servir de fondement à un appui financier aux organisations impliquées dans l’accompagnement des victimes, mais aucune action concrète n’aurait suivi, malgré la transmission de documents administratifs.

La société civile se dit particulièrement surprise par la publication, en décembre 2025, d’un communiqué du FONAREV lançant un nouveau processus de présélection des ONG partenaires et des associations de victimes.

Pour les signataires, cette démarche ignore la base de données déjà constituée en 2023 et risque de désorganiser un écosystème déjà structuré autour des victimes au Sud-Kivu.

Les organisations appellent le FONAREV à faire preuve de sagesse, à améliorer son image sur le terrain et à tenir compte des nombreuses plaintes formulées tant par les organisations partenaires que par les victimes, toujours dans l’attente de réparation et de justice.

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Elles demandent enfin la formalisation claire du partenariat entre le FONAREV, les organisations d’aide aux victimes et les associations de victimes, afin de rétablir la confiance et de garantir une prise en charge efficace des survivantes et survivants des crimes liés aux conflits.

Séraphin Mapenzi

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