Les membres fondateurs du Mouvement Sauvons la RDC, réunis du 6 au 8 avril 2026 sous la présidence de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila Kabange, ont dénoncé une « dérive dictatoriale » du pouvoir en place et réaffirmé leur opposition à toute révision constitutionnelle, à l’issue de leur deuxième conclave.

Dans leur communiqué final rendu public le 8 avril, ils affirment que le régime actuel a « délibérément engagé le pays » dans une gouvernance caractérisée par une répression politique « systématique et brutale », le musellement des voix dissidentes et le refus de tout dialogue crédible susceptible de mettre fin à la crise.

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Les participants au conclave indiquent également que, contrairement aux engagements internationaux et aux aspirations populaires à la paix, le pouvoir en place aurait choisi « la voie de la guerre », y compris contre les populations civiles, en violation du droit international humanitaire.

Le mouvement dénonce des atteintes « graves et répétées » aux libertés publiques et aux droits fondamentaux. Il évoque notamment des bombardements indiscriminés dans des zones densément peuplées telles que Minembwe, Masisi et Goma, mettant en danger les populations civiles.

Les membres fondateurs pointent également des assassinats et tentatives d’assassinats visant des personnalités opposées au régime, l’abandon des populations de l’Ituri et du nord du Nord-Kivu aux attaques des ADF, les violences attribuées aux Mobondo dans l’espace Grand Bandundu et dans la commune de Maluku.

Selon eux, ces actes constituent des violations graves de la Constitution ainsi que des règles fondamentales du droit international humanitaire et du droit de la guerre.

Ils expriment, par ailleurs, leur compassion et leur solidarité envers les victimes civiles (hommes, femmes, jeunes et personnes âgées) ainsi qu’à leurs familles.

Le communiqué souligne également la dégradation continue des conditions de vie à travers le pays. S’appuyant sur le rapport 2025 de l’Institut national de la statistique (INS), le mouvement indique que près de 64 millions de Congolais vivent sous le seuil de pauvreté.

Cette situation est marquée, selon eux, par une précarisation croissante, la famine et une insécurité chronique, plaçant la RDC parmi les pays les plus touchés par l’extrême pauvreté.

S’agissant des initiatives de paix, les membres fondateurs saluent les efforts menés aux niveaux régional et international, notamment à Washington, Doha, au sein de l’Union africaine, ainsi que dans les processus de Luanda, Lomé et Nairobi, sans oublier les initiatives de la CENCO et de l’ECC.

Cependant, ils estiment que les perspectives de paix durable restent compromises, en raison de ce qu’ils qualifient de « mauvaise foi » du pouvoir en place.

Ils attribuent également cet échec au fait que les initiatives engagées n’ont pas suffisamment pris en compte les causes profondes de la crise, notamment le non-respect de l’accord de Sun City, la violation de la Constitution et des lois, l’illégitimité des institutions, une gouvernance jugée prédatrice, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, ainsi que l’exploitation du tribalisme et de la stigmatisation comme stratégies de maintien au pouvoir.

Le mouvement exprime aussi sa préoccupation face à l’opacité entourant certains accords conclus entre Kinshasa et les États-Unis, notamment un accord sanitaire, jugé contraire à l’éthique médicale et au droit à la protection des données personnelles, un accord relatif à l’accueil de migrants refoulés.

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Les membres fondateurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme une mise en péril des intérêts nationaux, affirmant que les ressources de la RDC constituent un patrimoine commun et non un bien privé.

Ils rejettent également toute idée faisant de la RDC un « dépotoir humain ».

Enfin, le Mouvement Sauvons la RDC s’oppose à toute tentative de révision ou de modification de la Constitution.

Se référant à l’article 64, alinéa 1 de la Constitution, les membres fondateurs appellent les citoyens à défendre l’ordre constitutionnel et réaffirment leur détermination à poursuivre leur lutte « jusqu’à ce qu’il soit mis fin à cette dictature ».

Jean-Luc M.

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