Vingt femmes et filles issues d’organisations féministes de Bukavu et Goma ont pris part à un atelier de trois jours, du 24 au 27 mars 2026, consacré à la sécurité intégrée et au bien-être personnel. Organisée à Kamembe dans le cadre du programme Impact de Kvinna Till Kvinna, cette session visait à renforcer les capacités des femmes activistes face aux risques liés à leur engagement.

L’objectif principal de cet atelier était d’offrir aux défenseuses des droits humains un espace de réflexion sur leur vie professionnelle et personnelle, afin de mieux identifier les menaces auxquelles elles sont confrontées et d’adopter des stratégies adaptées pour leur sécurité intégrée.

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Durant les travaux, les participantes ont pu prendre du recul, s’autoévaluer et envisager des mesures concrètes pour améliorer leur protection. Les échanges ont également mis en évidence leur forte exposition aux menaces, aux violences ainsi qu’à l’épuisement professionnel, en lien avec les exigences de leur engagement et leur environnement personnel.

La Directrice pays de Kvinna Till Kvinna, Evelyne Ndiponjou, a expliqué que cette approche de sécurité intégrée vise à aider les femmes activistes à retrouver un équilibre entre leur vie privée et leurs responsabilités professionnelles.

« La sécurité intégrée a été conçue pour permettre aux défenseuses des droits des femmes de trouver un moment pour elles-mêmes, réfléchir sur leurs propres vies, identifier les risques quotidiens, tant professionnels que personnels, et définir des stratégies de correction pour un meilleur équilibre au sein de leur foyer et de leur environnement de travail », a-t-elle indiqué.

Elle souligne par ailleurs une réalité souvent ignorée : « Les femmes défenseuses des droits humains s’occupent de tout le monde, mais personne ne s’occupe d’elles. »

Selon elle, l’atelier a permis d’identifier des pistes individuelles d’amélioration, malgré un contexte sécuritaire difficile qui perturbe à la fois les programmes personnels et professionnels. Bien que cette session n’ait pas inclus un accompagnement psychologique direct, elle ouvre la voie à un appui plus structuré.

En effet, Kvinna Till Kvinna a récemment obtenu un financement de trois ans pour accompagner les femmes activistes en RDC. Ce programme prévoit notamment l’identification d’un échantillon représentatif au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au niveau national, ainsi que la mise en place d’un processus d’accompagnement incluant des ateliers de réflexion, de prise d’engagements individuels et la création d’un pool d’assistance psychosociale.

Ce dispositif permettra aux bénéficiaires d’accéder à un soutien adapté, avec des personnes capables de les écouter, de les orienter et de contribuer à leur processus de guérison psychologique.

Par ailleurs, le programme entend renforcer la mise en réseau des défenseuses des droits humains, en favorisant le partage d’expériences entre celles ayant déjà surmonté des situations similaires et celles en quête de repères, dans une logique d’éducation par les pairs.

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Au terme de l’atelier, les participantes ont recommandé la pérennisation de ce type d’initiatives, estimant qu’elles sont essentielles pour leur permettre de continuer à aider les autres sans s’oublier.

Il convient de noter que les travaux ont porté sur plusieurs thématiques clés, notamment le cadre de la sécurité intégrée, l’analyse des risques et les stratégies de gestion des risques.

Edith Kazamwali

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