Au moins 7.000 civils ont été tués entre 2020 et 2026 dans les territoires de Beni et Lubero, en province du Nord-Kivu, par des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), selon un rapport publié par un consortium d’organisations de défense des droits humains.
D’après ce document, rendu public par la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), l’Action pour les droits humains (APDH France), la Diaspora plurielle congolaise (DPC France), le Collectif Gakondo USA et la Mutualité Isoko, au moins 5 106 personnes ont été tuées entre 2020 et 2024 dans la région de Beni et Lubero.
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Le rapport précise qu’entre 2024 et 2026, 2.000 civils supplémentaires ont été massacrés, notamment à la machette et au couteau, portant le bilan total à plus de 7.000 victimes en six ans.
« Nous ne sommes pas face à une crise ponctuelle. Nous sommes face à un système de violence qui perdure. Les massacres attribués aux Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé d’origine ougandaise, constituent une part majeure de cette tragédie », indiquent les organisations signataires.
Les ONG révèlent également que des officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été arrêtés à Beni et à Bunia pour des faits liés à la commercialisation illégale d’armes et de munitions au profit des ADF.
Pour ces organisations, ces arrestations confirment l’existence de complicités internes qui aggravent la crise sécuritaire.
« Lorsque des armes censées protéger la population alimentent la violence, la guerre devient auto-entretenue… Nous devons également poser une question difficile mais incontournable : pourquoi, après tant d’années d’opérations militaires successives, la menace des ADF persiste-t-elle avec une telle constance ? », s’interrogent-elles.
Les signataires estiment qu’il n’est pas acceptable que ces crimes servent à entretenir une guerre sans fin. Ils appellent à une transformation réelle de la situation sécuritaire et à l’établissement des responsabilités judiciaires.
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Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi précise que la publication de ce rapport coïncide avec la présence du président de l’Assemblée nationale de la RDC à Beni, afin de l’interpeller sur l’urgence d’agir pour le retour de la paix et la lutte contre l’impunité.
« Sans justice, il n’y aura pas de paix durable », conclut-il.

