Dans la cité de Minova, en territoire de Kalehe, des dizaines de femmes entrepreneures tentent de se relever après avoir perdu leurs biens lors des pillages liés à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire. Malgré les difficultés, elles poursuivent de petites activités génératrices de revenus pour subvenir aux besoins essentiels de leurs familles.

Dans cette zone fortement affectée par les conflits armés, plusieurs femmes ont vu leurs commerces détruits ou pillés. Aujourd’hui, elles essaient de relancer leurs activités avec des moyens très limités.

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Certaines d’entre elles confient que ces initiatives d’auto-emploi leur permettent à peine de survivre dans un contexte où l’économie locale est quasiment paralysée. Les marchés sont peu fréquentés, le pouvoir d’achat est en chute libre et les opportunités deviennent rares.

Nyota Eugénie, l’une des commerçantes rencontrées, décrit une situation de plus en plus difficile : « Avant, nous pouvions gagner un peu d’argent. Aujourd’hui, on peut passer toute la journée au marché sans vendre. Gagner même 10 000 francs devient un défi ».

Elle explique que cette instabilité affecte directement la vie des ménages, nourrir les enfants devient difficile, assurer leur scolarisation est presque impossible  et les familles monoparentales, en particulier, sont les plus vulnérables.

« Nous ne savons plus comment élever nos enfants. Tout est bloqué. Nous demandons la paix et un soutien pour pouvoir nous relever », ajoute-t-elle.

Malgré leur courage, ces femmes reconnaissent qu’elles ne peuvent pas envisager de projets économiques durables tant que la sécurité n’est pas rétablie. L’absence de stabilité limite toute possibilité d’investissement ou de croissance.

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La rareté de l’argent en circulation dans la cité de Minova complique davantage la situation. Même les activités liées à la vente de produits alimentaires, autrefois plus résilientes, sont aujourd’hui fortement affectées.

Face à cette réalité, les femmes entrepreneures lancent un appel aux autorités et aux partenaires humanitaires pour un appui financier et matériel afin de relancer leurs activités, des programmes de soutien aux femmes cheffes de ménages, des interventions humanitaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire.

 « Nous demandons de l’aide. La faim est réelle dans le Nord et le Sud-Kivu à cause de la guerre », alertent-elles.

Une résilience à soutenir

Malgré un contexte extrêmement difficile, ces femmes continuent de se battre pour assurer la survie de leurs familles. Leur engagement témoigne d’une résilience remarquable, mais qui reste fragile sans un accompagnement adapté.

Dans la cité de Minova, comme dans plusieurs zones affectées par les conflits à l’Est de la RDC, soutenir les initiatives économiques des femmes apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour renforcer la résilience communautaire et prévenir une aggravation de la crise humanitaire.

Depuis Minova, ces voix féminines rappellent que derrière chaque activité économique se cache un combat quotidien pour la dignité, la survie et l’avenir des enfants.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenevolencja.

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