Intervenons-nous

    Après près de trois semaines de silence numérique, les réseaux de Airtel et Orange ont été rétablis dans la nuit de lundi à mardi à Kamanyola, dans la plaine de la Ruzizi (territoire de Walungu, Sud-Kivu). Une reprise inattendue qui met fin à une longue période d’isolement numérique et de paralysie économique pour des milliers d’habitants.

    Au lever du jour, les téléphones ont de nouveau capté le signal, suscitant un immense soulagement au sein de la population, privée de communication, de transactions financières et d’accès à Internet depuis plusieurs semaines.

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    Pendant la panne, les vendeurs d’unités de communication ont été parmi les plus touchés. Incapables de vendre des crédits d’appel ou de faire fonctionner leurs services mobiles, plusieurs ont dû suspendre leurs activités.

    « Nous vivons de la vente d’unités. C’est grâce à cela que nous scolarisons nos enfants et que nous survivons au quotidien. Une seule semaine sans réseau représente déjà des pertes énormes pour plusieurs familles », témoigne Daniel Charles, vendeur d’unités à Kamanyola.

    Les services financiers, notamment Airtel Money, fonctionnaient difficilement via le système de roaming (R), entraînant retards, frais supplémentaires et frustrations chez les usagers.

    La coupure a aussi affecté le secteur éducatif. Pour de nombreux enseignants, Internet est aujourd’hui une source essentielle de documentation et de préparation des cours.

    « Une grande partie de l’enseignement repose désormais sur la recherche en ligne. Sans connexion, l’accès aux ressources pédagogiques devient extrêmement difficile », explique Kahigo Charles, enseignant dans la cité.

    Face à l’absence prolongée de signal, plusieurs habitants ont dû se tourner vers des solutions alternatives. Des cartes SIM Lumitel en provenance du Burundi se vendaient jusqu’à 25 000 francs congolais chez certains commerçants, notamment chez Papa Jean Claude. D’autres habitants se rendaient à Bugarama, au Rwanda, pour s’approvisionner en télécommunications.

    Contacté, Christian Bugembe, président de la Synergie des intellectuels de Kamanyola, s’est réjoui du retour du réseau Airtel, qu’il qualifie de « vital pour la communication et le développement local ».

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    Cette crise relance toutefois le débat sur la fiabilité des réseaux de télécommunication dans la plaine de la Ruzizi. À l’ère de la mondialisation et de l’économie numérique, l’accès à la connectivité apparaît désormais comme un droit fondamental et un levier de développement.

    Les opérateurs et les autorités compétentes sont ainsi appelés à garantir la stabilité et la continuité des services, afin d’éviter que la population de Kamanyola ne soit à nouveau plongée dans l’isolement et la précarité économique.

    Ishara Yambisi bin Kashenya, depuis Kamanyola

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