Intervenons-nous

À l’occasion de la Journée mondiale des orphelins de guerre, célébrée le 6 janvier de chaque année, le Centre de Récupération des Orphelins et Femmes Victimes de Guerre (CROFEM) a indiqué prendre en charge 64 enfants orphelins de guerre, dont 23 filles et 31 garçons, tandis que 41 autres enfants ont été réinsérés dans des familles d’accueil dans la ville de Bukavu, en province du Sud-Kivu.

L’information a été confirmée par Jérémie Ciza, responsable du CROFEM, lors d’une interview accordée à La Prunelle RDC. Il précise que ces enfants, âgés généralement de 3 à 22 ans, sont originaires de plusieurs zones affectées par les conflits armés, notamment Fizi, Kalemie, KaniolaWalikale, et d’autres localités confrontées aux hostilités.

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Selon le responsable du centre, à leur arrivée au CROFEM, ces enfants sont marqués par le traumatisme, l’isolement et l’ignorance, conséquences directes des violences liées à la guerre. Toutefois, il se réjouit aujourd’hui de leur progressive intégration sociale.

« Ils étudient déjà, sont devenus intègres et ont moins de soucis, car ils ont compris qu’ils ont trouvé des remplaçants de leurs parents. L’orphelinat a déjà produit des diplômes d’État et certains poursuivent les enseignements supérieurs dans la ville », explique le pasteur Jérémie.

Il souligne également le rôle central des aînés au sein du centre, notamment dans l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants, la répartition des tâches et le respect des règlements internes.

« Après un temps, les enfants ont compris qu’ils ont l’obligation d’intégrer les autres, car ceux qui sont arrivés les premiers ont le devoir d’intégrer les nouveaux venus », précise-t-il.

La politique du CROFEM repose sur le principe de non-discrimination. « Chez nous, les enfants constituent une seule famille. Personne n’a le droit d’injurier l’autre ou de le mettre mal à l’aise. Nous avons des règlements clairs au centre », insiste-t-il.

Le Président du Conseil d’administration du CROFEM est également revenu sur les conditions de réinsertion des enfants orphelins dans des familles d’accueil.

« La réinsertion ne peut se faire que lorsque nous estimons que l’enfant est prêt à partir ; à défaut, il reste sous notre prise en charge », explique-t-il.

À cette occasion, le CROFEM appelle les autorités congolaises ainsi que les organisations humanitaires à effectuer des descentes sur le terrain, afin de mieux comprendre la situation et d’appuyer les structures œuvrant dans la prise en charge des enfants orphelins, dans le but d’améliorer leurs conditions de vie.

L’objectif, souligne le centre, est de permettre à ces enfants de grandir dans un environnement favorable et de devenir utiles à la société.

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Le pasteur Jérémie a par ailleurs exprimé sa reconnaissance envers les personnes de bonne volonté et les organisations qui continuent d’apporter leur soutien au CROFEM.

À noter que sur un total de 105 enfants orphelins de guerre, 41 ont déjà été réinsérés dans des familles d’accueil.

Suzanne Baleke

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