La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, dans la province de Ituri, suscite de nouvelles inquiétudes. Selon plusieurs sources locales, l’émergence d’un groupe armé dénommé Mouvement Populaire du Congo (MPC) près de Biakato fait craindre une nouvelle escalade de violences contre les populations civiles.
D’après des informations relayées par Radio Okapi, ce mouvement serait dirigé par Katembo Kiaviro, un ancien chef milicien récemment libéré de la prison militaire de Prison militaire de Ndolo à Kinshasa.
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Selon la société civile locale, citée par Radio Okapi, ce groupe armé aurait déjà installé un état-major au lieu-dit Camp Tomate, situé à environ 10 kilomètres du centre de négoce de Biakato.
Cette information a été rapportée par Rams Malikidogo, défenseur des droits humains, à son retour d’une mission de terrain. Celui-ci affirme que le mouvement mènerait un processus actif de recrutement au sein de la jeunesse locale.
Pour les acteurs de la société civile, l’installation de ce groupe pourrait rapidement déboucher sur un cycle de violences et d’exploitation économique.
Les habitants redoutent notamment la mise en place de barrières illégales sur les routes de desserte agricole, une pratique fréquemment utilisée par les groupes armés pour financer leurs activités à travers l’extorsion et les tracasseries contre les paysans et commerçants.
La région de Mambasa est déjà confrontée à la présence de plusieurs groupes armés, notamment les rebelles Forces démocratiques alliées (ADF) ainsi que certains groupes d’autodéfense connus sous le nom de Wazalendo.
Au centre de cette nouvelle alerte se trouve Katembo Kiaviro, ancien milicien Maï-Maï. Selon les informations locales, il avait été arrêté il y a deux ans à Makumo avant d’être transféré à la Prison militaire de Ndolo à Kinshasa.
Sa libération et son retour en Ituri, il y a moins de six mois, auraient marqué le point de départ de la reconstitution d’un nouveau groupe armé dans la région.
Face à ces informations, l’administrateur du territoire de Mambasa, Jean-Baptiste Munyapanzi, adopte une position prudente.
Tout en reconnaissant le passé criminel de Katembo Kiaviro, il préfère pour l’instant qualifier l’individu de « bandit à main armée », plutôt que de reconnaître l’existence d’un mouvement armé structuré.
L’autorité territoriale affirme toutefois que des investigations sont en cours afin d’identifier d’éventuels complices et de prévenir toute tentative d’implantation d’un nouveau groupe armé dans la zone.
Une question sur la chaîne pénale et sécuritaire
Pour de nombreux observateurs, cette situation relance le débat sur l’efficacité de la chaîne pénale et sécuritaire en République démocratique du Congo.
La libération d’un ancien chef milicien détenu dans une prison de haute sécurité soulève en effet plusieurs interrogations sur les mécanismes de justice et de réinsertion.
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Dans une province déjà marquée par des années de violences armées, la population redoute que l’apparition du MPC n’ouvre un nouveau cycle d’insécurité, dans un territoire où la stabilité reste particulièrement fragile.
