Intervenons-nous

L’AFC-M23 a procédé, ce jeudi 8 janvier 2026, à l’inhumation de 22 victimes civiles présentées comme ayant péri lors de bombardements survenus le 2 janvier dernier dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. La cérémonie funèbre s’est tenue au stade de l’Unité de Goma, en présence des dirigeants du mouvement, suscitant une vive réaction du gouvernement congolais, qui rejette toute responsabilité et dénonce une opération de propagande.

Les cercueils des victimes ont été exposés au centre du stade devant une foule nombreuse, marquée par la douleur et l’émotion. La présence de figures majeures de l’AFC-M23, dont le coordonnateur Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, a donné à cette cérémonie une portée politique assumée.

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Dans son allocution, Corneille Nangaa a accusé les forces gouvernementales d’être à l’origine de ces morts civiles, évoquant des violations répétées du cessez-le-feu.

« Le régime de Kinshasa a tué sans distinguer l’ennemi des civils, à travers un bombardement aveugle », a-t-il déclaré, en référence aux frappes aériennes du 2 janvier à Masisi, appelant la communauté internationale à prendre acte de ces faits.

Au-delà des discours officiels, les familles des victimes, présentes dans les tribunes du stade, ont exprimé leur désespoir et leur colère. Entre sanglots et cris de détresse, plusieurs proches ont réclamé la vérité et la justice, refusant que ces morts soient instrumentalisées.

« Nous sommes fatigués de compter les morts chaque jour », a confié un parent de victime, appelant à l’identification et à la sanction des responsables.

La réaction du gouvernement congolais ne s’est pas fait attendre. Sur ses réseaux sociaux, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé ce qu’il qualifie de « paroxysme de l’indécence », rejetant toute mise en cause de Kinshasa.

« Aucune cérémonie, aucune mise en scène, aucun récit fabriqué ne pourra effacer la réalité de ces crimes, ni blanchir la responsabilité du M23 et de son soutien rwandais », a-t-il déclaré, rappelant notamment les massacres de Rutshuru et les milliers de victimes documentées dans les zones sous contrôle rebelle. Pour les autorités congolaises, cette cérémonie s’inscrit dans une stratégie de propagande visant à dissimuler les exactions imputées au mouvement armé.

Au cours de la messe d’adieu, le révérend pasteur officiant a lancé un appel pressant au dialogue, exhortant les parties au conflit à privilégier une solution pacifique afin d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines.

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À l’issue de la cérémonie au stade de l’Unité, les dépouilles ont été conduites au cimetière Makao 2, dans le groupement Kamuronza, pour leur inhumation définitive. Une étape qui laisse une ville de Goma profondément divisée, entre récits antagonistes et une population toujours prise au piège d’un conflit qui se prolonge.

Joseph Aciza

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