Intervenons-nous

La mairie de Goma, sous administration de l’AFC-M23, a sommé les patrons de boîtes de nuit, de maisons de paris sportifs et de supermarchés de régulariser immédiatement la situation de leurs employés, à la suite de révélations faisant état de graves abus, allant de l’absence de contrats de travail à des cas d’exploitation sexuelle.

La décision a été annoncée lors d’une réunion de mise au point tenue ce jeudi à l’Hôtel de Ville, présidée par le maire adjoint Désiré Ngambo.

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Dans son intervention, l’autorité urbaine issue de la rébellion a dressé un tableau alarmant de la situation dans plusieurs établissements de la ville.

« Certains employés n’ont pas de contrat, d’autres ne sont pas rémunérés ou touchent des salaires dérisoires. Cette gestion bafoue les droits les plus élémentaires des travailleurs », a dénoncé le maire adjoint.

Plus grave encore, des pratiques d’exploitation sexuelle auraient été signalées dans certains établissements, où l’accès à l’emploi ou son maintien serait conditionné par des faveurs sexuelles.

« L’entreprise doit être un lieu de production et non d’abus. La dignité humaine doit primer sur la recherche du profit », a insisté Désiré Ngambo.

Pour assurer l’application de ces mesures, la mairie a mis en place une commission de suivi chargée d’effectuer des inspections régulières et inopinées. Elle devra notamment vérifier l’existence de contrats de travail dûment signés, le respect de la grille salariale, l’identification complète de tous les employés.

Les employeurs qui ne se conformeront pas à ces exigences dès la semaine prochaine s’exposeront à des sanctions sévères, a averti la mairie, mettant ainsi fin à la période de tolérance.

Si l’initiative est saluée par plusieurs travailleurs, certains exploitants redoutent ses conséquences financières.

« Nous voulons bien régulariser, mais il faut aussi que la commune tienne compte de nos charges », a confié, sous anonymat, un propriétaire de maison de paris sportifs à la sortie de la réunion.

Pour la mairie, cette opération vise avant tout à restaurer la dignité humaine, à lutter contre l’exploitation et à assainir un secteur longtemps marqué par l’informel et les abus.

Joseph Aciza

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