La situation sécuritaire continue de peser lourdement sur les opérations humanitaires en République démocratique du Congo, particulièrement dans les provinces de l’Est. C’est ce que révèle le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dans son rapport du mois de décembre 2025, consulté par la rédaction de La Prunelle RDC ce jeudi 8 janvier 2026.
Selon ce document, OCHA a enregistré 626 incidents ayant affecté les acteurs humanitaires sur l’ensemble du territoire national tout au long de l’année 2025.
Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée, avec 290 incidents, soit 46 % du total. Il est suivi du Sud-Kivu, qui a enregistré 177 incidents (28 %), de l’Ituri avec 89 incidents (14 %), du Tanganyika avec 48 incidents (8 %) et du Maniema avec 22 incidents (4 %).
Pour le seul mois de décembre 2025, OCHA indique que 48 incidents ont été signalés dans l’Est du pays, contre 39 incidents au mois de novembre.
« Cette augmentation témoigne d’une nouvelle dégradation du contexte opérationnel, notamment au Sud-Kivu en cette fin d’année », souligne le rapport.
Parmi les incidents recensés figurent notamment des cambriolages, vols, intrusions, entraves aux opérations humanitaires, restrictions de circulation, actes d’intimidation, menaces, ainsi que des agressions physiques contre le personnel humanitaire.
OCHA relève également que l’escalade des conflits armés et l’intensification des attaques du M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ont entraîné le déplacement de milliers de personnes, aggravant davantage une crise humanitaire déjà critique.
« Des violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité entravent davantage l’accès humanitaire », déplore l’agence onusienne.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires revient par ailleurs sur l’avancée du M23 au Sud-Kivu, qui a créé un vide sécuritaire, contraignant de nombreuses personnes déplacées à fuir une nouvelle fois, dans des conditions encore plus précaires. Cette situation a également entraîné l’inaccessibilité de certaines zones, notamment en raison de la fermeture de plusieurs axes routiers.
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Malgré ce contexte sécuritaire difficile, les acteurs humanitaires poursuivent leurs interventions, en particulier dans les secteurs de la santé, de l’aide alimentaire et de l’assistance d’urgence. À travers ce rapport, l’ONU réitère toutefois son engagement à garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, qu’elle considère comme une condition indispensable pour répondre efficacement aux besoins croissants des populations affectées.
Brigitte Furaha

