Des acteurs sociaux de la ville de Bukavu ont salué la rencontre tenue le mercredi 14 janvier 2026 à Luanda, capitale de l’Angola, entre une délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et le président angolais João Lourenço, consacrée à la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Contactés par la rédaction de La Prunelle RDC ce jeudi 15 janvier 2026, ces intervenants sociaux estiment que cette initiative est opportune et nécessaire, au regard de la dégradation continue de la situation sécuritaire, où la vie humaine est quotidiennement menacée dans plusieurs zones de l’Est du pays.
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Pour Jean Moreau Tubibu, acteur social à Bukavu, cette rencontre constitue une démarche salutaire face à un conflit persistant dont les civils congolais continuent de payer le prix fort.
« Quand un conflit persiste, il faut explorer tous les moyens possibles pour trouver des solutions. En RDC, surtout à l’Est, il y a eu beaucoup de dialogues et d’accords signés, mais souvent sans inclure toutes les parties concernées, au détriment de la population », explique-t-il.
Selon lui, l’implication de la CENCO et de l’ECC est rassurante, ces confessions religieuses jouant le rôle de relais entre le peuple et les décideurs.
« Ces Églises sont la bouche et les oreilles du peuple congolais. Elles font partie intégrante de la société civile et peuvent aider à éclairer des aspects souvent cachés dans les accords signés », ajoute-t-il.
Jean-Moreau Tubibu insiste également sur les conséquences humanitaires du conflit, évoquant des enfants séparés de leurs familles, privés d’éducation, devenus orphelins, des hôpitaux dépourvus de médicaments, des pertes en vies humaines, des destructions de biens et des déplacements massifs de populations.
De son côté, Solange Lwashiga, femme leader sociale à Bukavu, estime que cette rencontre arrive à point nommé, alors que les précédents processus de paix n’ont pas produit de résultats concrets.
« Depuis le début de cette crise, rien n’avance. Les accords restent flous et la population ne comprend pas ce qui s’y décide. Le fait que le président angolais, médiateur de ces négociations et président en exercice de l’Union africaine, s’implique directement est très prometteur », souligne-t-elle.
Elle rappelle que la CENCO et l’ECC ont, à plusieurs reprises, démontré leur volonté de contribuer à la résolution des conflits majeurs en RDC.
« Elles proposent souvent des pistes de solutions. Dans les processus de paix, ce qui n’est pas dit est parfois le plus important. Il est donc essentiel que le contenu de cette rencontre soit partagé, même si l’on sait qu’elle porte sur la paix à l’Est », affirme-t-elle.
Solange Lwashiga regrette toutefois la faible implication des femmes dans les processus de paix, alors qu’elles sont parmi les premières victimes des crises humanitaires dans l’Est du pays.
« Il est indispensable d’écouter la voix de tous, en particulier celle des femmes congolaises, qui vivent au quotidien les conséquences de ces conflits », insiste-t-elle.
Elle espère que ce dialogue débouchera sur un processus de paix durable à l’intérieur de la RDC.
Par ailleurs, plusieurs acteurs sociaux déplorent le manque de transparence qui entoure ces négociations, estimant que la population n’est pas suffisamment informée des décisions prises, ce qui alimente la méfiance et l’incompréhension.
Sylvie Bahati et Appoline Kilauli

