À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Association pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Féminin (APEF) a organisé, ce jeudi 26 mars 2026 à Bukavu, un atelier d’échange et de sensibilisation autour du thème : « Investir dans l’autonomisation de la femme et de la jeune fille résiliente du Sud-Kivu comme levier pour la paix et le vivre-ensemble ».
Cette activité visait à promouvoir le rôle des femmes dans la consolidation de la paix et le développement durable, en mettant un accent particulier sur les initiatives d’autonomisation socio-économique portées par les femmes de la province du Sud-Kivu.
Dans son mot d’ouverture, Furaha Muhemedi a souligné que ce thème constitue une réponse concrète aux réalités vécues par les communautés, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et socio-économiques persistants.
« Nous sommes convaincus qu’une femme autonome est une actrice clé de la paix, un pilier de la stabilité familiale et un moteur du développement durable. Investir en elle, c’est investir dans l’avenir de toute une communauté », a-t-elle déclaré.
Au cours de cet atelier, plusieurs thématiques ont été abordées, notamment l’autonomisation économique des femmes, les violences basées sur le genre (VBG) et le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.
Intervenant sur la question de l’autonomisation, Léonie Blandine Fataki a insisté sur la nécessité d’un renforcement des capacités intellectuelles et professionnelles des femmes.
« Être autonome ne doit pas être perçu comme un manque de respect envers les hommes, mais plutôt comme une source de respect et de considération pour la femme », a-t-elle expliqué.
De son côté, Léonie Saidi est revenue sur les différentes formes de violences basées sur le genre, notamment le viol, les agressions sexuelles et physiques, le mariage forcé, le déni de ressources, les abus et exploitations sexuelles ainsi que les violences numériques.
Elle a recommandé le renforcement des capacités des organisations locales, la mise en œuvre de codes de conduite, l’amélioration des mécanismes de signalement et une prise en charge holistique des victimes.
« L’autonomisation sans la protection des femmes et la participation des hommes est vouée à l’échec », a-t-elle insisté.
Pour sa part, Solange Lwashiga a mis en avant le rôle crucial des femmes dans les dynamiques de paix, notamment à travers la médiation des conflits, la communication et le plaidoyer.
Elle a également appelé à lever les obstacles structurels tels que les pesanteurs socioculturelles, l’insécurité, la marginalisation économique et la surcharge des responsabilités domestiques, qui freinent l’engagement des femmes dans les processus de paix.
Les participants ont, par ailleurs, insisté sur la nécessité de valoriser l’éducation des femmes, de renforcer leur protection contre les VBG et de soutenir leurs initiatives économiques.
Parmi eux, Daniella Witanene a salué l’initiative de l’APEF et réaffirmé son engagement à promouvoir la place des femmes dans toutes les sphères de la société, tout en appelant à l’implication des hommes dans ce processus.
À travers cette activité, l’APEF espère renforcer la compréhension du rôle des femmes dans la consolidation de la paix, promouvoir les initiatives de ses bénéficiaires et susciter des engagements concrets en faveur de l’égalité de genre.
L’atelier s’est clôturé par le témoignage d’une bénéficiaire ainsi qu’une exposition d’œuvres réalisées dans le cadre des activités de l’association.
Cette initiative intervient dans un contexte où la province du Sud-Kivu reste fortement marquée par des défis sécuritaires et socio-économiques, dont les femmes sont parmi les premières victimes.
