Sept ans après l’assassinat de Dieudonné Mundi Muhanzi à Bukavu, sa famille continue de réclamer vérité et justice dans un dossier dont les circonstances restent encore entourées de nombreuses zones d’ombre.
En ce 7 mai 2026, date marquant le septième anniversaire de sa disparition, les proches de cet ancien Chef des Travaux à Université Catholique de Bukavu dénoncent une justice qu’ils jugent silencieuse face à un crime qui continue de bouleverser l’opinion au Sud-Kivu.
Dans un message émouvant publié à l’occasion de cette commémoration, sa sœur, Honoratte Muhanzi, revient sur les derniers instants précédant la disparition de son frère et sur la douleur persistante de la famille.
« Il y a exactement sept ans, ce scénario cruel commençait : cet appel téléphonique où ta voix résonnait de sourire et d’enthousiasme… avant le silence », écrit-elle.
Elle évoque également les circonstances tragiques ayant entouré cette affaire, notamment les informations liées à un présumé kidnapping et à une rançon que la famille s’apprêtait à verser avant la découverte du corps sans vie de Mundi à l’Hôpital Général de Référence de Bukavu.
« Ce jour-là, notre monde a basculé dans l’injustice la plus profonde », déplore Honoratte Muhanzi, qui affirme continuer à porter la mémoire de son frère « comme un flambeau ».
Assassiné dans la nuit du 7 mai 2019, le corps de Dieudonné Mundi Muhanzi sera retrouvé plusieurs jours plus tard, le 13 mai, à la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Bukavu. Depuis, aucune conclusion officielle n’a permis d’établir clairement les responsabilités ou les circonstances exactes de sa mort.
Au fil des années, plusieurs interrogations sont restées sans réponse dans l’opinion publique. Qui a commandité l’assassinat de Mundi ? Pourquoi cet enseignant et père de famille a-t-il été ciblé ? Qui a transporté son corps à l’hôpital ? Pourquoi son identification a-t-elle pris plusieurs jours malgré les alertes sur sa disparition ? Où en sont les enquêtes judiciaires ouvertes après sa mort ?
Dans une tribune publiée cinq ans après le drame, Honoratte Muhanzi dénonçait déjà « l’indifférence et l’injustice » autour de cette affaire, estimant que ce crime n’était pas un cas isolé dans un contexte marqué par l’insécurité et l’impunité.
« Ce qui est arrivé à Mundi, ce crime lâche et crapuleux, n’est pas un fait isolé. Trop de personnes ont partagé le même destin, arrachées à leur famille et privées de la justice qui leur est due », écrivait-elle.
Pour la famille, l’absence d’avancées visibles dans les enquêtes illustre les difficultés du système judiciaire congolais à faire la lumière sur plusieurs assassinats ayant visé des figures sociales, scientifiques ou communautaires dans la province du Sud-Kivu.
Au-delà du cadre familial, cette affaire continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la Société Civile et du monde académique de Bukavu, où Dieudonné Mundi Muhanzi était décrit comme un homme engagé dans l’encadrement des jeunes et le soutien communautaire.
Lire aussi : Bukavu : éternel questionnement, 5 ans après l’assassinat de Dieudonné Mundi Muhanzi
« Mon frère Dieudonné Mundi Muhanzi mérite justice. Tout individu mérite justice », insiste encore Honoratte Muhanzi, appelant les autorités à relancer les procédures afin que vérité soit établie.
Sept ans après les faits, le dossier reste donc ouvert dans la mémoire collective à Bukavu, entre douleur familiale, silence judiciaire et appel persistant à la vérité.
