La coalition Lamuka et le parti ADD Congo s’opposent au projet de transfert de migrants expulsés des États-Unis vers la République démocratique du Congo. Ils accusent le président Félix Tshisekedi de chercher, à travers cet engagement, un soutien américain en vue d’un troisième mandat.

Dans une déclaration, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et président du parti ADD Congo, affirme que cette initiative a profondément choqué l’opinion nationale pour deux raisons principales.

Premièrement, il évoque la position antérieure du gouvernement congolais, qui avait contesté en 2024 un accord similaire entre le Royaume-Uni et le Rwanda portant sur le transfert de migrants. Cet accord avait alors été qualifié par Kinshasa d’« amoral » et d’inefficace.

Deuxièmement, il rappelle les propos attribués au président américain Donald Trump, qui aurait qualifié les migrants aux États-Unis de « terroristes, voyous, prisonniers, criminels et bandits », estimant qu’ils ne pouvaient rester sur le sol américain et devaient être envoyés vers des pays du tiers monde, dont la RDC.

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« Le gouvernement congolais avait vigoureusement dénoncé en 2024 l’accord entre le Royaume-Uni et le Rwanda, le qualifiant d’amoral et inefficace. Aujourd’hui, les mêmes logiques semblent être appliquées à la RDC », a déclaré Prince Epenge.

Face à ces éléments, il interpelle le chef de l’État : « Quand cet accord a-t-il été signé ? Pourquoi et dans l’intérêt de qui ? »

Par ailleurs, Lamuka et ADD Congo rappellent la situation humanitaire préoccupante du pays. Selon eux, la RDC compte plus de six millions de déplacés internes et des millions d’enfants en situation de vulnérabilité, sans accès suffisant à la nourriture, à l’eau potable ni à l’électricité.

Ils évoquent également la présence de millions de réfugiés congolais le long des frontières, notamment avec le Rwanda, le Burundi et dans d’autres pays voisins comme l’Ouganda, où les conditions de vie restent difficiles.

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Dans ce contexte, Prince Epenge déplore que, malgré la guerre et l’insécurité persistante, le gouvernement ait envisagé d’accueillir des migrants expulsés vers Kinshasa, qu’il décrit lui-même comme une ville confrontée à de nombreux défis sécuritaires.

Selon lui, cette décision serait motivée par des considérations politiques.

 « Le chef de l’État serait prêt à tout, même à transformer le pays en un vaste camp de réfugiés, pour obtenir un troisième mandat », a-t-il affirmé.

Enfin, la coalition appelle les autorités américaines à privilégier une implication active pour mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC, plutôt que d’envisager le territoire congolais comme une destination de déportation de migrants.

Suzanne Baleke

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